Étienne Chevalier (vers 1420-1474)

Le personnage

 

image015.jpgSecrétaire et maître de la chambre aux deniers du connétable de Richemont en 1434, Grand Trésorier de France en 1452, Étienne Chevalier connaît une ascension fulgurante au sein de la cour de Charles VII. Il reconstitue le trésor royal après la Guerre de Cent ans. Exécuteur testamentaire d’Agnès Sorel en 1450, il est chargé des mêmes fonctions à la mort du roi Charles VII en juillet 1461.

Étienne Chevalier, né à Melun vers 1410, est fils de Jean Chevalier, juriste. Son père était procureur laïque de l'abbaye Saint-Père de Melun depuis 1402.

Après avoir étudié le droit, Étienne Chevalier entra au service du connétable Arthur de Richemond. Mais depuis 1442, il était distingué surtout par ses services auprès du roi Charles VII. Notamment, il fut envoyé par deux fois en Angleterre avec Guillaume Cousinot de Montreuil ainsi qu'en Bretagne et en Bourgogne. Il fut ensuite secrétaire du roi, puis conseiller et maître de la Chambre des comptes en 1449, contrôleur de la recette générale des finances et enfin trésorier de France en 1452. Dans les années 1440, il était aussi l'un des secrétaires qui devaient fournir et contrôler les finances du dauphin Louis, futur Louis XI.

Pareillement, il succéda en 1443 à Dreux Budé qui était le contrôleur général des aides en Languedoc. L'année suivante, il épousa la fille cadette de ce maître, Catherine Budé. Dorénavant, il devint collègue de son beau-père et ils s'étaient intimement liés.

AgnesSorel3Il fut chargé en 1450, avec le financier Jacques Cœur et le médecin Robert Poitevin, d'exécuter les dernières volontés de la favorite du roi, Agnès Sorel, probable modèle de la Vierge du second panneau du Diptyque de Melun.

Malgré le décès de son épouse en 1452, il répartissait ses services avec son beau-père. Ainsi, avant la mort de Charles VII en 1461, ils furent nommés exécuteurs de son testament. Toutefois, cette mission provoqua un conflit avec un officier de Louis XI, Jean de Montespedon, dit Houast. Aussi deux maîtres de feu Charles VII furent-ils arrêtés par lui à Montargis. Le nouveau roi dut intervenir.

En dépit d'un peu de disgrâce de Louis XI, il retrouva rapidement sa charge, d'abord, en tant que maître.

En mai 1463, il fut chargé d'une mission importante. En effet, le roi lui ordonna de trouver 200.000 écus d'or, afin de racheter du duc Philippe III de Bourgogne les villes de la Somme, avec Jean de Montauban, amiral de France, et Jean Bourré, secrétaire.

Au lendemain de la prise de Perpignan, au début de cette année, Étienne Chevalier rétablissait déjà sa fonction auprès du roi. Enfin, il fut de nouveau nommé trésorier de France en juillet 1463, tout comme sous le règne de Charles VII. Aussitôt acquis les villes de la Somme, Louis XI partit de Paris le 31 août 1463 afin de les visiter. Grâce à deux lettres patentes royales datées d'Abbeville, il est évident qu'Étienne Chevalier l'accompagnait. Notamment en raison d'une assemblée des États tenue à cette ville le 15 novembre, le roi aurait eu besoin de ce maître.

En 1465, pendant la guerre de la ligue du Bien public, il était toujours fidèle au roi. Puis, il aida, à côte de Louis XI, à conclure le traité de Conflans avec le comte de Charolais.

Étienne Chevalier mourut le 14 septembre 1474. Il est possible qu'il fût inhumé ce jour-là en la collégiale Notre-Dame de Melun.

À la mémoire de sa femme, sérieux, homme de foi, il octroya à la collégiale Notre-Dame de Melun une statue de la Vierge en vermeil, des joyaux et des chapes de soie et des orgues. De plus, il y fonda une messe journalière.

Son histoire avec la Seine-et-Marne

 

image019Né à Melun, Étienne Chevalier en est un mécène, notamment par l’enrichissement de la collégiale Notre-Dame par de nombreux dons, parmi lesquels une vierge en argent doré, divers joyaux et le célèbre diptyque de Melun le représentant avec Agnès Sorel, sa maîtresse et favorite du roi Charles VII.

Étienne Chevalier et sa femme, Catherine Budé, ont été inhumés dans le cœur de la collégiale, leur tombeau ayant disparu aujourd’hui.

Il est connu pour être le commanditaire de deux des œuvres majeures de Jean Fouquet, le Diptyque de Melun (qu'il offrit à la collégiale Notre-Dame de Melun),  et un livre d'heures (désigné) sous le nom d'Heures d'Étienne Chevalier.

Le Diptyque de Melun est un tableau votif peint vers 1452-1458, par Jean Fouquet, pour le compte d'Étienne Chevalier, trésorier du roi de France Charles VII, autrefois conservé à la image021collégiale Notre-Dame de Melun et aujourd'hui dispersé.

Le tableau était composé de deux panneaux, formant un diptyque, se refermant sur eux-mêmes. Le volet de droite représente une Vierge à l'Enfant allaitante entourée d'anges, tandis que le volet de gauche représente le donateur présenté par saint Étienne, son saint patron. Les panneaux étaient entourés d'un cadre de bois recouvert de velours bleu ponctué de médaillons représentant sans doute des épisodes de la vie du saint patron, ainsi que d'un autoportrait du peintre, valant signature. Dans cette huile sur bois, devenue rapidement célèbre à son époque puis redécouverte au XIXème  siècle, Jean Fouquet met en œuvre à la fois les techniques les plus avancées des peintres primitifs flamands et celles des premiers artistes de la Renaissance italienne, pays qu'il a visité quelque temps auparavant.

Le diptyque est conservé dans la même église jusqu'au XVIIIème siècle avant d'être vendu sans doute dans les années 1770 et dispersé. Les deux panneaux sont aujourd'hui conservés au musée des beaux-arts d'Anvers pour le volet droit, et à la Gemäldegalerie de Berlin pour le volet gauche ; l'autoportrait de Jean Fouquet est conservé au musée du Louvre.

 

Sources :

 

AD 77-Extrait de texte du site des Archives Départementales de Seine-et-Marne.

http://archives.seine-et-marne.fr/etienne-chevalier-vers-1420-1474

Crédit à insérer : Contenu soumis à la licence CC-BY-SA 3.0. Source : Article Étienne Chevalier de Wikipédia en français (auteurs)