Une dynastie briarde de musiciens

Les Couperin

        En ce jour de la Trinité de l’an 1663 l’orgue de l’église Saint-Gervais, une des paroisses de Paris, a fait retentir ses éclatantes sonorités lors de morceaux exécutés de main de maître. L’organiste s’appelle Charles (II) Couperin. Il est originaire de Chaumes. Cette paroisse de la  région de la Brie boisée est une petite ville sans histoire où, depuis fort longtemps, est installée sa famille, et dans laquelle la musique se transmet en héritage.

           Mathurin (1569-1640) : Dans un acte du 4 septembre 1586, le lieutenant procureur général du bailliage de Melun « confesse avoir baillé congé, licence, permission et puissance à Mathurin Couperin, joueur d’instruments demeurant à Beauvoir, de jouer au dedans du bailliage de Melun de tous instruments dont il se pourra ayder ». Mathurin est certes laboureur, mais également marchand et même procureur de la Seigneurie de Beauvoir, ce qui ne l’empêche pas de se faire une notoriété de joueur de viole. Il a trois enfants : Denis, déclaré lui aussi joueur d’instruments et procureur, Férie qui épouse un bourrelier de Chaumes et Charles qui suit.

chaumes

Vue de Chaumes Fin du XVII° siècle

 

           Charles (I)  naît  à Chaumes en 1596. Ses occupations de greffier, puis de notaire à Beauvoir, ne l’empêchaient pas d’être un propriétaire entreprenant, achetant de nombreux arpents de vigne. Il se rend souvent à Chaumes pour rendre visite à sa sœur qui a comme voisin un chaudronnier, Jehan Audry. Ces visites fraternelles sont motif de rencontres avec la fille du chaudronnier, Marie, qu’il épouse en 1622. De cette union naîtront huit enfants. Charles, déclaré dans de nombreux actes  « marchand, maître joueur d’instruments tant hauts que bas », devient organiste en titre de l’abbatiale de Chaumes. A son exemple, trois de ses fils, à qui il inculque dès le plus jeune âge l’amour et le culte de la musique, se révèlent rapidement d’excellents instrumentistes. En 1650, le jour de la Saint-Jacques, il reçoit Jacques Champion de Chambonnières, joueur d’épinette de la Chambre du roi, qui revient de sa gentilhommière de Rozay-en-Brie. Les trois frères lui donnent une aubade. Chambonnières est enthousiasmé par leur talent et pense que leur avenir est dans la capitale des arts. Il décide l’aîné, Louis, à « monter » à Paris où bientôt ses deux frères, François et Charles, le rejoignent. Leur père s’éteint à Chaumes. L’inventaire établi après son décès fait état, notamment, de : « 3 basses de violon, 3 dessus de viole, un gros hautbois, 2 flûtes d’Allemane ».

           Louis est né à Chaumes en 1626.  A Paris, il obtient très vite la place d’organiste à Saint-Gervais. En 1653, on veut lui donner la place de Musicien ordinaire de la Chambre du roi pour le clavecin du vivant de Chambonnières ; il décline l’offre, ne voulant pas « déplacer son bienfaiteur ». Le roi lui en sait gré et crée pour lui une charge de dessus de viole. Il participe, dès lors, aux fêtes de la Cour. Entre 1650 et 1659, il écrit des symphonies pour cordes en trio, cent- trente pièces de clavecin et soixante-dix d’orgue.

 On lui reconnaît d’avoir écrit les plus belles pages de clavecin, orgue et viole « de tout son siècle ». A son décès, survenu en 1679, sa charge à Saint-Gervais échoit à son frère Charles.

image005.jpg           François dit « l’Ancien » naît à Chaumes en 1631. Bon organiste et excellent claveciniste, un certain penchant pour la boisson ne plaide pas en sa faveur lors du choix d’organiste par les marguilliers des paroisses. Lorsqu’il donne des leçons, une cruche de vin et du pain doivent être à sa portée ; si le pichet est renouvelé la leçon continue gratuitement. Il se marie en 1662 à Madeleine Jouteau puis, devenu veuf, à Louise Bongard en 1671. Il décède à Paris en 1708 des suites d’un accident de la circulation, ayant été renversé par un  cheval emballé.

Orgue de Saint-Gervais

 

           Charles (II) né à Chaumes le 9 avril 1638 remplace son frère Louis aux orgues de Saint-Gervais lors du décès de celui-ci en 1661. L’année suivante il épouse, le 20 février, Marie Guérin, fille de Barbe Musnier et de Blaise Guérin barbier de la grande écurie du roi. En novembre 1668 naît leur unique enfant François dit « le Grand ». Charles joue fort bien de la viole et entre au service de la duchesse d’Orléans (La Palatine). Il meurt à Paris en 1679.

           François « le Grand » naît à Paris le 10 novembre 1668. Sa petite enfance  se déroule dans le logement de fonction des organistes de Saint-Gervais, rue du Monceau Saint-Gervais (dite aussi du Pourtour Saint-Gervais). Très vite son père l’emmène avec lui jouer de l’orgue et il comprend rapidement combien les harmonies de l’instrument peuvent entraîner les fidèles, comme lui même, vers un monde quasi mystique. Il ne semble pas avoir fait des études approfondies, ce dont d’ailleurs il sera conscient toute sa vie. A cette époque, un musicien était spécialisé dès l’enfance (comme Lully, Lalande et bien d’autres) mais il fait merveille dans l’apprentissage de son art. Ses progrès sont tels qu’à la mort de son  père, survenue en 1679,  il lui est fait promesse, par acte notarié, de la succession de son père « à condition de se faire instruire ». Les marguilliers de la fabrique, souhaitant conserver l’orgue aux membres d’une famille de musiciens renommés, veulent éviter de jeter la veuve et l’enfant plein de promesses à la rue, puisqu’ils leur laissent la jouissance du logement «  jusqu’à ce qu’il (François) ait atteint l’âge de dix-huit ans », car ils ne sont pas enthousiastes pour titulariser son oncle François dont on craint les frasques.  Ils proposent l’intérim à Lalande qui, âgé de vingt-deux ans, est déjà titulaire des orgues de trois paroisses. Le contrat liant ce dernier comporte des clauses conservatoires pour la sauvegarde des orgues, puisqu’il il lui était fait défense de « faire toucher icelles par autres, crainte de les gâter », peut-être pour se prémunir contre les espiègleries d‘un gamin certainement doué, mais turbulent.

En 1683, Lalande est nommé maître de clavecin de deux filles légitimées du roi et maître de musique de la Chapelle royale. Sa relève est assurée à l’orgue de Saint-Gervais par François. Ce dernier est autorisé officiellement en 1685 de tenir l’instrument aux gages de trois-cents livres;  cet apport permet à sa mère de moins entamer son capital pour payer les dettes faites pour l’éducation de son fils. La charge est absorbante : fêtes, dimanches, jeudis du Saint-Sacrement, jours où les offices sont nombreux (matines à une heure du matin, trois hautes messes, vêpres, laudes, complies) ; en tout 350 à 400 services par an sans compter les funérailles, les mariages importants, les fêtes des confréries. Des marguilliers d’honneur comme Claude le Pelletier, contrôleur des Finances, parent de Le Tellier, le duc d’Aumont, premier gentilhomme de la Chambre du Roi, font appel au jeune génie lors de concerts qu’ils organisent.

http://gfxc.smpgfx.com/Look-Inside/large/18459047_01.jpgLe talent de François est apprécié par les fidèles paroissiens dont la marquise de Sévigné - mariée d’ailleurs à Saint-Gervais - et par de nombreuses célébrités qui fréquentent occasionnellement l’église :

 l’abbé Boileau, frère du poète, y prêche plusieurs carêmes - Bossuet y prononce en 1686 l’oraison funèbre du chancelier Le Tellier - Racine y vient écouter les prédications du père de La Roche.

En 1689, la stabilité s’installe dans sa vie professionnelle. Il est nommé en titre aux orgues de Saint-Gervais, aux appointements de quatre cents livres. La sécurité matérielle étant assurée il épouse, le 26 avril 1689, Marie-Anne Ansault qui, le 9 mars 1690, lui donne une fille Marie-Madeleine. La même année il publie sa première œuvre : deux messes d’orgue ; sa carrière de musicien reconnu commence. La page de titre de ces messes porte le nom de F. Couperin Sr de Crouilly, nom d’une terre près de Chaumes. Veut-il entrer dans le monde avec un label le dégageant de la roture ?

Il impose d’emblée la rigueur de l’interprétation. Ultérieurement, certains critiques trouveront dans Bach (Passion selon saint Matthieu), voire dans Wagner (Les Maîtres-Chanteurs), des ressemblances frappantes quant à la construction, aux motifs, à la modulation de certaines parties de ces messes.

Le XVIIe siècle, le Grand Siècle, se termine avec plus ou moins de gloire. La cour, sous madame de Maintenon, est plus ennuyeuse. En réaction, à l’extérieur on cherche d’autres divertissements ; l’opéra devient à la mode. Couperin ne semble pas affecté par ces changements. Ce travailleur est un maniaque ; ne va-t-il pas jusqu’à payer de ses propres deniers son souffleur d’orgue qu’il préfère à celui rétribué par la paroisse. Il travaille lentement, la notion de temps lui échappe ; des œuvres annoncées ne sont diffusées que deux à trois ans après.

Il est désintéressé ; la fabrique de Saint-Gervais connaissant, en 1697, des difficultés financières il propose d’abandonner son logement de fonction pour que la paroisse puisse le louer et va s’installer rue Saint-François. Il va même accepter de ne recevoir, pendant un certain temps, que la moitié de ses gages, mais cette magnanimité a des limites puisqu’elle ne dure qu’une année. Sa générosité et sa bonté le conduisent à aider les jeunes talents, mais il rencontre bien souvent la jalousie et l’ingratitude. Une certaine amertume ressort parfois de ses formules musicales par un retour de la mélodie sur elle-même, comme si Couperin avec mélancolie et nostalgie jetait un regard en arrière.

Pour faire carrière le talent doit, certes, être reconnu, mais il est indispensable d’être au service de grands. Couperin a des protecteurs surtout à Versailles. De nombreux rois de France étaient musiciens ou s’efforçaient de l’être. Louis XII, qui chantait faux, avait fait composer une chanson à quatre voix, dont une partie consistant en une note invariable qui lui était spécialement destinée. Louis XIII composait des chansons et des ballets. Louis XIV a un goût prononcé pour la musique ; il joue de la guitare - quittant même le Conseil pour la pincer dans un cabinet voisin - et du clavecin ; il est capable de repérer un couac dans un orchestre. La maison musicale du roi est des plus importante ; elle se compose de trois corps distincts : la Chambre, la Chapelle, les Ecuries (musique de chasse). La « Symphonie » (ensemble chœur- orchestre) de la Chapelle compte jusqu’à quatre-vingt-dix exécutants renforcés par l’orgue. Le roi ne laisse pratiquement à personne le soin de choisir ses musiciens. Très souvent, il préside les concours ouverts pour remplir les charges, encore que celles ci puissent être héréditaires. Un musicien peut les cumuler ou en obtenir du roi la « survivance » (promesse d’attribution) pour un de ses parents. Le musicien doit être fécond, car le roi n’écoute jamais deux fois la même musique.

Pendant un quart de siècle, Lully a régné sans partage sur la musique, mais en 1687, alors qu’il dirige un Te Deum, dans ses gesticulations il se donne un violent coup de canne sur le pied ce qui entraîne une infection puis françoisla gangrène ; il décède dans les deux mois. Lalande lui succède d’abord comme maître de musique de la Chapelle et à ce titre compose presque uniquement de la musique religieuse, puis comme surintendant de la musique. En 1693 Thomelin, maître de Couperin adolescent, meurt et un concours pour le recrutement d’un organiste de la Chapelle est ouvert. Couperin y participe sans doute présenté par Lalande, son prédécesseur à Saint-Gervais.

 Comme à son habitude, le roi juge les sept candidats  « Après les avoir entendus, il ne voulut pas déclarer son choix, qu’on sut trois jours après être tombé sur un nommé Couperin ». Le voici donc à Versailles aux gages de six-cents livres pour trois mois, car il y quatre organistes travaillant par roulement chacun un trimestre (Couperin est de service durant le premier). Il a en outre la charge d’enseigner le clavecin à des élèves prestigieux : le duc de Bourgogne premier fils du Grand Dauphin (1694), de nombreux bâtards du roi : le comte de Toulouse, fils de Mme de Montespan qui continua à lui payer une pension longtemps après la fin des leçons, au moins trois de ses sœurs,  la princesse de Conti, fille de Mlle de La Vallière. Malgré de puissants protecteurs, les « domestiques » sont parfois méprisés : « hors de leur art ils sont de sottes gens …. Comme des instruments de musique qu’on met dans l’étui le concert fini, c’est à dire de ne les voir que quand on en a besoin ».

Pendant près de dix-sept ans Couperin, officie dans la chapelle du château (l’actuel Salon d’Hercule) où ses nombreux motets captivent le roi et la cour. Il est des concerts donnés  dans le Grand Escalier de la Reine. Il est à la suite du roi lors de ses déplacements à Saint-Germain–en-Laye, Fontainebleau, Sceaux, Saint-Maur, Compiègne. Toutes ces activités procurent à Couperin une certaine aisance. Les revenus attachés aux cours aux princes de sang peuvent s’élever jusqu’à 4000 livres ; à cette somme s’additionnent les appointements afférents aux diverses charges et les rétributions dues pour des cours particuliers.

La vie familiale connaît quelques perturbations lors de divers changements de domicile à l’intérieur de Paris (pas moins de cinq déménagements). Il est vrai que la famille s’est agrandie : François- Laurent « le fils ingrat » qui, vers ses vingt ans, disparaît – Marguerite-Antoinette née en 1705 – Nicolas-Louis né en 1707, mort en bas âge. Homme simple s’il profite des dispositions de l’édit de 1696 qui l’autorise à prendre des armoiries (De gueules aux deux fourches entrecroisées d’or accompagnées au chef d’un soleil en dextre et senestre, d’une étoile en pointe d’une lyre, le tout du même), il n’en tire aucune gloire auprès de son entourage. De même sa nomination, en 1702, au grade de chevalier de l’ordre de Latran, n’affecte en rien sa manière de vivre.

http://www.lichtensteiger.de/Images/clavecin.jpgDurant la dernière partie du règne du grand roi, il compose un grand nombre d’œuvres religieuses en particulier en 1714 les Trois Leçons des Ténèbres. Ce morceau est sans doute le sommet de sa production religieuse, et peut-être même de la musique religieuse dans son ensemble La base en est la mélodie du plain-chant grégorien (Ces offices si évocateurs ont été rayés de la liturgie par le concile Vatican II). La reconnaissance du vieux roi se traduit par l’octroi d’une pension de 800 livres.

En 1715, année de la mort de Louis XIV, Couperin est un homme connu, apprécié, respecté, célèbre ; il a atteint les plus hautes charges auxquelles son métier lui permet d’aspirer. Mais à une époque (la Régence) où « le fisc exigeait avec grâce », il s’éloigne peu à peu de Versailles et s’occupe surtout à publier ses œuvres et à composer pour le clavecin.

S’il a enseigné dans cette discipline les enfants royaux, il est surtout passé à la postérité comme le maître et le virtuose de cet instrument. En 1713 il prend le titre de « Claveciniste du Roi », et en 1717 il recueille la survivance de d’Anglebert comme « ordinaire de la musique pour le clavecin ».

Couperin, fort de son expérience, publie, en 1716, un ouvrage pédagogique : l’Art de toucher le clavecin. Ce traité sur la technique du jeu de clavecin s’adresse aussi bien aux parents qui doivent « avoir moins d’impatience (de les entendre jouer dès le début de l’apprentissage) et faire plus de confiance en celui qui enseigne » qu’aux élèves à qui il recommande, entre autres, de pas marquer la mesure par  un mouvement du corps et assurant qu‘à « l’égard des grimaces du visage on peut s’en corriger soi-même en mettant un miroir sur le pupitre ». 

francois%20couperin-926622.jpgVers la cinquantaine, sa santé ne lui laisse plus guère de répit ; dans des préfaces il parle « de plusieurs maladies (1713), … de santé toujours délicate (1717), …comme ma santé diminue de jour en jour (1720) ». Après un certain retrait de la vie de société dû à son état physique et des perturbations dans la famille - sa fille Marie-Madeleine entre au couvent de Maubuisson (1718) où elle sera organiste jusqu’à sa mort en 1746 - il reprend ses fonctions auprès de la famille royale ; en 1724, il est professeur de l’Infante-Reine, fiancée au jeune Louis XV puis, à la mort de cette dernière, de la future reine Marie Leczinska. A partir de 1728, il ne participe plus à la vie publique et se retire dans son appartement de cinq pièces au deuxième étage au coin de la rue Neuve des Petits-Champs et de la rue des Bons-Enfants (actuellement rue Radziwill), servi par un seul laquais et une cuisinière. Il se défait de ses charges dont celle d’organiste de la Chapelle à Guillaume Marchand (mars 1730). Il s’éteint chez lui le 12 septembre 1733 et est inhumé dans la chapelle Saint-Joseph du cimetière Saint-Eustache. L’inventaire après décès signale qu’il possédait : un grand clavecin,  trois épinettes, un petit jeu d’orgue, un violoncelle, deux violes, deux violons, de nombreuses partitions françaises et italiennes et quantité d’opéras de Lully notamment. 

Ami de Lalande et admirateur de Lully, Couperin s’affirme d’emblée dans la tradition française. La France suscite en lui la grandeur, le sens de la danse, le beau chant, l’amour des échos, en un mot la grâce. Un des traits les plus marquants de sa personnalité est la minutie qu’il apporte à tout ce qu’il fait. Il veille à la précision de ses mouvements et se dresse contre ceux qui ne respectent pas ses indications ; mais il est non moins exigeant lorsqu’il exécute des pièces qui ne sont pas les siennes. Après un oubli de plus d’un siècle, il a été redécouvert par Brahms et Debussy.   

           Marguerite-Antoinette (1705-1778) : fille du précédent, commence comme claveciniste à la cour. Après le départ de son père et à la mort d’Anglebert, elle est pourvue d’une commission de claveciniste de la Chambre. Elle enseigne aux filles de Louis XV.

           Nicolas (1680-1748) : fils de François l’Ancien, devient musicien du comte de Toulouse. Marié en 1723 à Marie Françoise de La Coste, il reçoit la même année la survivance de François le Grand à Saint-Gervais.

           Armand-Louis (1727-1789), fils de Nicolas. Il prend la succession de Saint-Gervais à la mort de son père. Il est de plus titulaire des orgues de Sainte-Marguerite, de Saint-Barthélemy, et de la Sainte Chapelle. En  1752 il épouse, à Saint-Merry, Elisabeth Blanchet, fille du célèbre facteur de clavecins. En 1770, il entre dans la musique du roi et devient organiste à Notre-Dame. Sa femme, devenue veuve, s’installe à Versailles, où elle tient l’orgue de la cathédrale jusqu’en 1815, date de sa mort.

           Pierre-Louis (1755-1789) : fils d’Armand. En 1773, il succède à son père à Saint-Gervais  en même temps qu’à la Chapelle royale. Il est nommé organiste du roi en 1787.

           Gervais-François : (1759-1826) frère du précédent. En 1789, il succède à son père à la Sainte Chapelle et la même année à son frère à la Chapelle royale et à Saint-Gervais. Il est aussi organiste de Saint-François et de Saint-Merri. On lui doit une symphonie, des Sonates de clavecin avec violon et violoncelle, et des pièces pour piano.

           Céleste-Thérèse née en 1793, fille de Gervais. Elle est réputée comme organiste. Elle est la dernière des Couperin à tenir l’orgue de Saint-Gervais jusqu’en 1830. Elle meurt à Belleville en 1860 dans une grande indigence. 

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Son histoire avec la Seine-et-Marne

http://www.ville-chaumes-en-brie.fr/iso_album/a001_-_chaumes_copie_1_200x450.jpgLa famille Couperin est originaire de Chaumes-en-Brie (Seine-et-Marne). Marcel Thomas, l’historien de la famille, y relève leur présence avant 1500. 

La famille Couperin s'est installée à Chaumes avec le grand-père de François.

Venant de Beauvoir, fils de notaire, il amenait en bien la terre de Crouilly, parcelle située sur la route de Mormant. Charles dit l'ancien, tailleur d'habits, son épouse Marie Andry et leurs huit enfants vivaient dans une maison de deux pièces "rue de l'ordre ruelle", actuelle rue Louis Quinton.

D'après les recherches de l'abbé Marcel Thomas, il semblerait que ce soit dans une partie de la maison occupée par la boulangerie.

Plaque commémorative, Chaumes-en-BrieCharles Couperin avait aussi acheté, le 10 février 1631, une foulerie rue Gallier, maison dans laquelle se trouvait tout le matériel nécessaire pour presser le raisin et faire son vin. Avec cette maison, un droit de passage était prévu pour accéder au puits Trocard, actuellement transformé en borne fontaine. On peut suivre "la vie" de ce bien à travers les actes de vente et les inventaires après décès. Dans celui de Charles, on constate qu'il reste peu de chose des objets qui s'y trouvaient, car l'armée du duc de Turenne avait "visité" le village et emporté tout ce qui semblait intéressant aux soldats. C'est François qui vendra cette foulerie à un charpentier, habitant de Chaumes, Nizier Lambert, le 19 mai 1732.

 

Sources

Couperin de Pierre Citron

Couperin de Philippe Beaumont

AD 77