Ferdinand Frédéric Henri MOISSAN (1852-1907)

Chimiste et pharmacien

 

image002.jpgHenri Moissan naquit à Paris, 5 rue Montholon, le 28 septembre 1852. fils d'un employé de la Compagnie des Chemins de fer de l'Est et d'une couturière.

En 1864, alors qu'il est âgé de douze ans, ses parents quittent Paris pour se fixer à Meaux où il suivit les cours du collège municipal de cette ville. Dès 15 ans, il manifeste un grand enthousiasme pour la chimie, sacrifiant quelque peu le latin et le grec, de telle sorte qu'en 1870, lorsqu'il quitte le Collège de Meaux, il n'a acquis aucun grade universitaire et il est employé chez un horloger. 

 

Ses parents regagnent ensuite Paris où il entre comme stagiaire dans une droguerie et grâce à son ami de collège, Jules Plicque, qui travaillait au Muséum d'Histoire Naturelle, il intègre le laboratoire du professeur Pierre-Paul Dehérain qui  l'incite vivement à préparer son baccalauréat.

Alors qu'il commençait ses publications, il lui fallut abandonner en partie le laboratoire pour se consacrer à la préparation de ses examens. A 25 ans, il apprenait le latin et après quelques échecs, obtenait le baccalauréat. Il lui fallait maintenant être licencié es sciences pour arriver au doctorat. Après avoir effectué des recherches dans le domaine de la chimie végétale, il avait entrepris, tout en poursuivant ses travaux sur la respiration des plantes, l'étude du fer pyrophorique, qui fut le sujet de sa thèse de doctorat en 1880.

 

À partir de 1884, Henri Moissan concentra tous ses efforts sur l’isolement du fluor, halogène dont l’existence était connue dès le début du siècle, à la suite des travaux d’André-Marie Ampère en France et de Humphry Davy en Angleterre, mais qui n’avait pu être isolé en raison de son exceptionnelle réactivité. Dans cette quête, les efforts de plusieurs générations de chimistes étaient restés vains

 

moissan2.jpgUltérieurement, Henri Moissan obtint de nombreux succès en synthèses minérales. Ainsi il prépara, à l’état pur, le bore et de nombreux borures. Il s’investit également dans la production artificielle du diamant. Dans ce domaine, même s’il ne put concrétiser ses espérances, il fit également figure de visionnaire, pressentant la voie haute pression qui devait permettre cinquante ans plus tard la synthèse industrielle du diamant artificiel. Afin d’obtenir les très hautes températures nécessaires à la transformation du carbone en diamant, il conçut et mit en œuvre un four électrique dont le principe était de réaliser un arc électrique entre deux blocs de calcaire.

                                                                                                                              Moissan préparant le fluor à l'Ecole de pharmacie (1888)

 

 Ce four qu’il décrivit pour la première fois en 1892, permit d’atteindre 3000 - 3500°C, températures exceptionnelles pour l’époque.

 

Cette avancée technologique permit à Henri Moissan d’écrire une nouvelle page de la chimie, celle des hautes PORTRAITS52températures.

 

En novembre 1906, Henri Moissan fut le premier récipiendaire français du prix Nobel de chimie. Lors de la remise du prix, le président de l’Académie royale suédoise, le professeur P. Klason, souligna en ces termes les deux aspects essentiels de l’œuvre du savant : « Le monde entier a admiré l’exceptionnelle habileté expérimentale avec laquelle vous avez isolé et étudié le fluor, cet animal féroce parmi les éléments. Les travaux réalisés à l’aide du four électrique ont donné une immense impulsion dans le monde technologique et il est difficile pour le moment d’en mesurer la portée ».

 

 

 

 

Le 20 février 1907, il décéda à Paris des suites d'une crise d'appendicite.

 

Son histoire avec la Seine-et-Marne

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Henri MOISSAN est arrivé à Meaux à l'âge de 12 ans. Il a fait ses études au Collège de cette ville jusqu'en 1870. Cet établissement porte aujourd'hui le nom de Lycée Henri Moissan.

 

Le 30 mai 1882, il épouse à Meaux Marie Léonie LUGAN native de cette ville.

 

Son fils Louis, né à Paris en 1885, est tué le 10 août 1914 dans la Meuse. N'ayant pas d'enfant, avant de partir à la guerre, il avait légué par testament à la ville de Meaux une partie importante de sa fortune dont une belle collection de peintures acquises par son père comprenant des œuvres de Delacroix, Courbet et Millet.

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En son honneur, la ville fait ériger une statue, que l’on peut voir sur l’actuelle place Moissan. Une plaque commémorative est également installée dans le collège de Meaux, actuel lycée Henri Moissan.

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La Poste française a édité  en 2006, un timbre pour commémorer le centenaire du prix Nobel de Henri Moissan

 

Sources :

           - Archives de France - célébrations nationales 2006

            - la vie et les travaux de H. Moissan par Paul Lebeau (1931) annales.org