Elisabeth PIDOUX

 et le sucre d’orge des religieuses de Moret-sur-Loing.

 

 

Le sucre d’orge est une confiserie sous forme de berlingots de couleur ambrée ou de bâtonnets translucides, en sucre dur coloré contenant des extraits d’orge (ou de glucose qui remplace l’orge aujourd’hui).

En 1638, le couvent des Bénédictines, le Prieuré de Notre Dame des Anges, de Moret-sur-Loing est fondé par la comtesse de Moret, Jacqueline de Bueil.

Sous la direction de la mère supérieure Elisabeth PIDOUX, cousine de La Fontaine, les bénédictines créent la recette. Elles découvrent le secret qui les rend aussitôt célèbres : « le sucre d’orge » : la décoction d’orges perlées ou (gruau d’orge) peut colorer et parfumer le sucre de canne cuit. Elles y ajoutent du vinaigre pour empêcher la cristallisation et pour mieux le conserver.

http://ts3.mm.bing.net/th?id=H.5040226596553414&pid=15.1Elles en firent un bâton, médication calmant les maux de gorges des moines chargés de lire les sermons et des prédicateurs. Ce bonbon, unique en son genre, fait les délices des plus hauts personnages, qui en emportent d’amples provisions quand la cour vient à Moret-sur-Loing. Sa mode se développe à la cour royale comme pastille soulageant les maux de gorges de Louis XIV. Bossuet est aussi un fidèle consommateur de cette friandise.

Après avoir prospéré jusqu’en 1758, ce sera un lent déclin et sa disparition en 1792 avec la Révolution. Le secret de cette préparation semble perdu à jamais. Mais  une vieille religieuse, sœur Félicité, avait noté par écrit la technique de fabrication qui, quelques années plus tard, fut communiquée aux religieuses qui rétablissent le http://ts3.mm.bing.net/th?id=H.4629773791135026&pid=15.1monastère.

La production recommence et prend un nouvel essor à partir de 1850, grâce au concours d’un ancien négociant du Brésil, Monsieur DESMARET, retiré à Moret-sur-Loing, son pays natal.

 

Au début du XXème  siècle, les Religieuses se sont installées au coin de la Place Royale, face à l’église, afin de fabriquer leur spécialité.

En 1960, les religieuses rencontrèrent des  difficultés de toutes sortes, la fabrication du sucre d’orge cesse à nouveau.

 

Sans titre-1Quand les dernières religieuses quittent Moret-sur-Loing en 1972, sœur Marie André qui détient la précieuse recette artisanale du sucre d’orge de Moret, confit la méthode à un de ses amis Jean ROUSSEAU, confiseur, issu d’une famille morétaine de plusieurs générations.

 

 

C’est Jean ROUSSEAU, puis son fils qui reprennent la confection du sucre d’orge (sous forme de cœur transparent marqué d’une croix et des initiales R et M pour « Religieuses de Moret ». Ces bonbons sont recouverts de sucre glace pour empêcher qu’ils ne collent dans leur boîte, ou des bâtonnets enveloppés de cellophane.

La maison ROUSSEAU a également créé la confrérie du sucre d’orge en 1997.

 

Aujourd’hui, la société S.E. distribution Jean ROUSSEAU, est la propriété de la société DES LIS CHOCOLAT, connue aussi pour perpétuer les spécialités au coquelicot de Nemours.

 

http://ts4.mm.bing.net/th?id=H.4944951291347863&pid=15.1Un musée du sucre d’orge est installé rue du Puits-du-Four.

 

Du couvent de Moret-sur-Loing, il reste une petite cour et quelques bâtiments rue des Granges, avec un cadran solaire et la devise « Utere dum numeras ».

 

   

 

 

 

 

 

 

 

http://ts1.mm.bing.net/th?id=H.4878430915266424&pid=15.1

 

Sources :

Sites internet.

Généalogie Briarde.