Django REINHARDT  (1910 – 1953)

 

Le personnage.

 

Django_Reinhardt_(Gottlieb_07301)Virtuose inimitable, improvisateur intarissable et doué du sens du swing, Django Reinhardt est devenu un mythe. Sa musique est le résultat de la rencontre de l'héritage tsigane et du jazz des années 30 à 50.

 

Jean-Baptiste Reinhardt, dit Django, voit le jour le 23 janvier 1910 dans une roulotte à Liberchies, en Belgique.

 

Il est issu d’une famille sinti, plus connu en France sous le nom de manouche.  Ses parents traversent toute l’Europe, avant que la famille ne se fixe finalement à Paris, d’abord sur les fortif’, la Zone mal famée jouxtant la porte de Choisy, puis à la porte d'Italie.

2-django-reinhardt-enfant-adfd-diaporama.jpg

 

 

 

 

 

Django et sa famille vers 1920.

 

 

Il n'a que dix ans lorsqu'il touche pour la première fois à un instrument : c'est par le banjo qu'il fait ses premiers pas. Autodidacte acharné, illettré, il sait que c'est par la musique qu'il va acquérir sa liberté. A 13 ans, il a dompté l'instrument aussi bien que le violon et acquiert une solide réputation de guitariste. A 18 ans, Django enregistre un premier disque et se retrouve invité par le chef d'orchestre Jack Hylton pour partir en tournée.

 

django_reinhardt_mainGPMalheureusement, un incendie ravage la roulotte dans laquelle il vit avec sa femme Bella Baumgartner: sa main gauche et sa jambe droite sont sévèrement brûlées.

C'est le début d'un long séjour à l'hôpital ; après la perte de ses deux doigts, les médecins prédisent qu'il ne pourra plus jouer de musique. Mais Django s'accroche et, au bout de six mois d'acharnement, il joue à nouveau de la guitare et témoigne d'une méthode très personnelle. Cette méthode va faire la "marque" de Django: deux doigts et cordes pincées, avec la rythmique manouche que l'on sait.

 

Django_Reinhardt_and_Duke_Ellington_(Gottlieb)On est à l'aube des années 30 et le jazz explose avec Duke Ellington ou Louis Armstrong. La guitare y a une grande place.

589px-Stephane_Grappelli_Allan_WarrenFortement attiré par le jazz, et l'esprit de liberté qui y règne, Django rencontre Stéphane Grappelli, un violoniste hors pair qui intègre aussi bien la culture tzigane que celle du jazz. En 1934, tous les deux fondent "le Quintette du Hot club de France". Ils partent en tournée aux côtés de Coleman Hawkins jusqu'à l'arrivée de la Seconde Guerre Mondiale. Les deux musiciens se séparent et Reinhardt retourne en France, où il épouse sa seconde femme.

 

 

Reinhardt_Nuages_8120726Après la libération, attiré cette fois-ci par le be-bop, Reinhardt souhaite rencontrer Dizzy Gillespie et Charlie Parker et part aux Etats-Unis. A New York, il y rencontre Duke Ellington qui l'engage en tant que guitariste. Mais la tournée ne correspond pas aux attentes de Reinhardt qui se retire, pour un temps, de la scène. En 1951, il renoue de manière plus directe, et plus inspirée que jamais, avec la scène en jouant avec les meilleurs be-bopers français. Son jeu de guitare est toujours renversant, au sens propre comme au figuré. En 1953, Eddie Barclay décide d'engager le musicien pour huit titres dont "Nuages".

 

Il meurt la même année d'une hémorragie cérébrale. Virtuose de la guitare, Django Reinhardt a influencé des générations de guitaristes (de Jimi Hendrix à Bireli Lagrène jusqu'à Sansévérino). Il laisse derrière lui un répertoire instrumental riche de plus de 100 titres, qui témoigne non seulement de sa virtuosité d'artiste et de musicien, mais aussi d'un élan de liberté à la fois proche et impalpable.

 

Son histoire avec la Seine-et-Marne.

 

« Après bien des périples, en 1951, Django s’est posé à Samois-sur-Seine. Il habite une simple maison de village, pour une vie de rêve. C’est pour lui le piano chez Fernand, le billard au Café de la Mairie, c’est la pèche à la mouche sur l’île du Berceau ou la peinture, selon l’inspiration.

Toujours imprévisible, c’est de là qu’il se catapulte dans l’invention de la modernité avec les jeunes be-bopers.

club-saint-germain-1951-f8be-diaporama

Il retourne à Paris pour de fameux concerts dans les caves de Saint Germain des Prés, mais remonte dès que possible à l’air libre de Samois-sur-Seine. Moins d’une heure de train, et il retrouve son oasis de rêve. Mais un jour de chaleur, il s’effondre devant chez Fernand.

Sa trajectoire de météore s’arrête là. Désormais, l’homme «à la guitare qui parle» repose au village.

 

Pourtant, le génie de l’homme et celui du lieu se répondent encore. A deux pas, on entend jouer les guitares, avec les étoiles pour seul public parfois. Comme depuis des lustres, les manouches campent toujours là, un jour ici, un jour ailleurs.

 

adrien-moignard-celebrating-django-reinhardt

 

 Il y a pas mal d’artistes à Samois-sur-Seine. Il y a un sculpteur gadjo, à qui l’on vient dire un jour : Django est un grand homme, à qui il manque quelque chose.

 

Une statue bien sûr, ici naturellement, pour son centenaire c’est évident. Il commence à modeler des esquisses. Alors, se lève à nouveau l’homme « à la guitare qui parle ». Mais il sera figé dans le bronze. Les oiseaux pourront s’y poser, et les voyageurs verront qu’il a laissé sa trace ici. Une présence pour le pèlerin, hors les murs

du cimetière. »

 

image176

 

Sources Internet :

Crédit à insérer : Contenu soumis à la licence CC-BY-SA 3.0. Source : Article Django Reinhardt de Wikipédia en français (auteurs)