Marie-Rosalie Bonheur dite Rosa Bonheur (1822-1899)

 

Le personnage

 

Marie Rosalie Bonheur, dite Rosa Bonheur, née le 16 mars 1822 à Bordeaux en France et morte le 25 mai 1899 à Thomery en Seine-et-Marne, est une peintre et sculptrice française, spécialisée dans les représentations animalières. Comme George Sand et Sarah Bernhardt, Rosa Bonheur est une personnalité des débuts du féminisme.

Son père, le peintre Raymond Bonheur, encourage et soutient ses enfants dans cette voie : Auguste deviendra peintre, Juliette également (de plus elle épousera le fondeur Peyrol, qui travaillera avec Rosa), Isidore est sculpteur, et enfin Rosa. Sa mère Sophie Marquis, de père inconnu, est adoptée par un riche commerçant bordelais, Jean-Baptiste Dublan de Lahet. Rosa Bonheur se plaira à imaginer que le mystère de ses origines maternelles cache quelque secret d'État, qu'elle est de sang royal, mais on sait à présent que Dublan de Lahet est son véritable grand-père.

Elle passe plusieurs années à la campagne, au château Grimont (Quinsac

), où elle a la réputation d'être un garçon manqué, réputation qui la suivra toute sa vie et qu'elle ne cherchera pas à faire mentir, portant les cheveux courts et fumant des havanes. Homosexuelle, elle a vécu deux passions. L'une pour Nathalie Micas, rencontrée en 1837 (Rosa avait quatorze ans et Nathalie douze), qui deviendra peintre comme elle et dont elle ne sera séparée qu'à sa mort en 1889 ; l'autre, après le décès de Micas, pour l'Américaine Anna Klumpke, également artiste peintre, qu'elle connut à l'automne 1889, correspondra avec elle pendant neuf ans, séjourna ponctuellement à By, y vint en juin 1898 pour faire son portait... et y resta à sa demande; elle sera sa légataire universelle.

Paradoxalement, la vie excentrique que menait Rosa Bonheur n'a pas fait scandale à une époque pourtant très soucieuse des conventions. Pour l'anecdote, Rosa Bonheur dut cependant réclamer aux autorités policières l'autorisation de s'habiller en homme — ou plus précisément, de porter des pantalons — pour fréquenter les foires aux bestiaux  (autorisation de travestissement, renouvelable tous les six mois auprès de la préfecture de Paris).

 

 

Élève de son père, elle expose pour la première fois au salon en 1841. Elle obtient une médaille de 3e classe au salon de 1845 et une médaille d'or au salon de 1848  pour son Labourage nivernais.  Elle a 25 ans -

L'année suivante, Rosa Bonheur y expose Le Labourage nivernais (Musée d'Orsay), commande de l'État, et c'est avec son Marché aux chevaux (MET, New York), présenté au salon de 1853, acquis pour l'énorme somme 268 500 francs-or, qu'elle connaît une gloire internationale qui lui vaudra d'effectuer des tournées, organisées par son agent et ami Ernest Gambart, au cours desquelles elle sera présentée à des personnalités telles que la reine Victoria. Elle rencontrera aussi l'impératrice Eugénie et Buffalo Bill, qui lui offrira une authentique panoplie de Sioux.

Première femme artiste à avoir été nommée Chevalier dans l'ordre de la Légion d'honneur en 1865 — elle reçoit cette distinction des mains de l'Impératrice Eugénie — elle sera promue officier de cet ordre en avril 1894.

Ayant contracté une congestion pulmonaire suite à une promenade en forêt, elle meurt le 25 mai 1899 au château de By sans avoir achevé son dernier tableau gigantesque, La Foulaison, et fut inhumée au cimetière du Père-Lachaise (division 74).

Rosa Bonheur ayant fait de sa jeune compagne son héritière et de ce fait déshérité sa famille, après quelques démêlés un accord permit à Anna Klumpke de garder sa demeure à By tandis que « l'énorme collection d'études accumulées en soixante années de travail fut vendue pour un million-or4 »; du 30 mai au 8 juin 1900 les tableaux, aquarelles, bronzes et gravures de son atelier et sa collection particulière furent vendus à la galerie Georges Petit à Paris.

Peu avant 1939 Anna Klumpke regagne les États-Unis, y meurt, et la demeure revint à la famille du peintre.

 

 

Son histoire avec la Seine-et-Marne

Les origines du château de By remontent au XVème siècle : rendez-vous de chasse, et demeure d'un Officier de la Cour de Fontainebleau, l'Officier de Bigre qui avait la charge des "abeilles du Roy" ; il fut ensuite la résidence de Henry de Bye, Commandeur de l'Ordre de St Jean de Latran. Pendant la Guerre de 30 ans, le Commandant d'un régiment écossais stationné à Fontainebleau, David de Bick, y séjourna. Au XVIIème siècle, les de Quesnoy, Seigneur de Bick, et de Veneux, habitèrent cette demeure, puis les Leleu leur succédèrent. Leurs neveux vendirent le château à Mr Fabre, qui le céda, en 1859, à Rosa Bonheur.

Depuis déjà quelques années, Rosa Bonheur avait atteint une grande renommée, et son atelier de la rue d'Assas était constamment visité par des admirateurs, des courtisans, des amateurs d'arts de nombreux pays, et, bien sûr, par des membres de la Cour Impériale. Mr de Morny lui-même y venait souvent. Cette vie mondaine et agitée ne convenait pas au caractère indépendant, et un peu farouche, de l'artiste, ni ne lui laissait assez de temps pour travailler. Comme elle le disait elle-même, Rosa Bonheur souhaitait "s'en aller aux oiseaux", c'est-à-dire se retirer loin des bruits de Paris, pour se replonger dans la nature.

Le Comte d'Armaillé, gendre du Général de Ségur, lui signala que le château de By était à vendre. Elle fut enthousiasmée par la maison, le parc, et la forêt de Fontainebleau. Elle s'y installa en 1859. Elle avait 37 ans, et était au faîte de sa gloire.

Située en bordure de la forêt de Fontainebleau, en haut des collines quadrillées par des murs sur lesquels mûrissait le raisin qui fit la renommée de Thomery, cette demeure séduisit Rosa Bonheur par son calme, son isolement, sa proximité de la forêt, où vivaient tant d'animaux que cette artiste illustra dans ses œuvres.

Des transformations intérieures furent nécessaires pour rendre la maison confortable. Mais, peintre animalier, Rosa Bonheur avait besoin de modèles. Déjà, à Paris, elle possédait de nombreux animaux. A By, elle fit aménagé dans le parc des cabanes et des enclos pour ces moutons, cerfs, isards, chevaux, etc... Plus tard, elle eut même deux jeunes lions, et une cage spéciale fut installée.

L'aménagement le plus important fut la construction d'un vaste atelier, au-dessus des communs. Réalisé dans le style de l'époque, l'aspect "moderne" de ce bâtiment - en surélévation - et de sa liaison avec la maison, heurte l'harmonie architecturale de l'ensemble.

Aujourd'hui, l'intérêt principal de cette construction est qu'elle est le reflet exact de ce qu'était - au XIXème siècle - l'atelier d'un peintre de grand renom.

L'extérieur a été restauré dans son état exact d'origine.

L'intérieur, où l'influence de Viollet-le-Duc est sensible dans la décoration, est tel qu'il existait du vivant de l'artiste, tel que l'Impératrice Eugénie le découvrit en 1865, lorsqu'elle y décora Rosa Bonheur de la Légion d’honneur. Elle fut la première femme peinture honorée de cette distinction.

Vers la fin de sa vie, Rosa Bonheur se lia d'amitié avec une jeune femme peintre américaine, Miss Anna Klumpke. Celle-ci portraitiste, était venue à By pour peindre son portrait. Elle séjourna plusieurs fois au village, puis devint la confidente de l'artiste, et habita à By.

Après la mort de Rosa Bonheur, Miss Anna Klumpke conserva le château de By, écrivit un livre sur la vie de l'artiste en s'appuyant sur les récits et souvenirs que lui avait raconté Rosa Bonheur, et transforma une pièce de la maison en musée.

Pendant la guerre de 1914-1918, l'ensemble de la propriété fut transformée en un hôpital privé franco-américain pour les soldats blessés. En 1940, les bâtiments furent successivement occupés par des réfugiés, puis des soldats français et allemands, avant d'être le lieu de repli d'un asile de vieillards, jusqu'en 1941.

Heureux effet du hasard, ou influence du caractère particulier de cette demeure, peu d'objets disparurent au cours de ces années mouvementées. Puissent les visiteurs d'aujourd'hui continuer à respecter ces lieux !

 

Sources :

            - Wikipédia

            - Le site du musée Rosa Bonheur à Thomery