Monographie de MOISSY-CRAMAYEL.

 

M. Charles BIZORD

Instituteur 1889

 

Chapitre Premier

 

La commune de Moissy-Cramayel, canton de Brie Comte Robert, arrondissement de Melun, département de Seine et Marne, 922 habitants, tire son nom des villages de Moissy et de Cramayel, la plus importante de ses dépendances.

            Elle est bornée au Nord par la commune de Combs la Ville, à l’Est par celle d’Evry les Châteaux, au Sud par celle de Réau et à l’Ouest par celle de Lieusaint.

            Ses limites sont purement conventionnelles sauf à l’Est où elle est bornée par la route départementale de Paris à Melun et au Sud-ouest par la route nationale de Paris à Lyon.

            Elle est à 32 kilomètres de Paris, 12 kilomètres de Melun, 8 kilomètres de Brie Comte Robert.

            Le nom de Moissy (Moissiaeum ou Messiaeum) paraît avoir une origine commune avec la ville de Moissac (Tarn et Garonne) et rappeler ses situations dans une plaine féconde en moissons.

            Il est difficile d’établir, même approximativement, l’époque de la fondation de ce village. Le plus ancien document qui en fasse mention est la biographie de Louis le Gros par Suger, abbé de Saint-Denis. Cet historien rapporte qu’un colloque eut lieu en 1116 à Moissy l’Evesque après la mort d’Eudes comte de Corbeil entre louis VI et Thibault comte de Brie et de Champagne qui aurait voulu posséder la ville de Corbeil pour être maître de la route de la Beauce.

            Jusqu’à la révolution, la commune a porté le nom de Moissy l’Evêque parce que les évêques de Paris en furent longtemps seigneurs, depuis 1789 elle a reçu la dénomination de Moissy Cramayel.

            Cramayel qui fut autrefois un hameau considérable à deux kilomètres de Moissy vers l’Est ne se compose plus aujourd’hui que de deux fermes dont l’une est formée des communs d’un château détruit en 1822. La plus petite de ces fermes, exploitée par M. A Aubergé, appartient encore à la famille de Cramayel. La plus grande à laquelle est annexée une distillerie d’alcool de betteraves est possédée par M. Fabry et exploitée par Mme veuve P. Aubergé.

            Les autres dépendances de la commune sont : Noisement, situé près du village vers le Nord-est appartient à M. Delondre ; fermier M. A Paillet, Chanteloup à 1500m au Nord de Moissy, composé d’une ferme et d’un rendez-vous de chasse passe pour avoir eu autrefois une importance bien supérieure ; propriétaire M. Beau ; fermier M. Vast. Lugny, ferme à 1500m au sud-ouest du chef lieu, propriétaire M Maubant ; fermier M. G. Beauvais. Tout auprès, on remarque un joli château accompagné d’un parc bien planté appartenant à Mme veuve Aubry. Chaintereau à deux kilomètres vers le Sud-ouest, ferme et distillerie d’alcool de betteraves ; fermier M. Th Caille, propriétaire M. le comte Dumas. Arvigny à 3 kilomètres au Sud ; ferme et distillerie d’alcool de betteraves ; propriétaire M. Jacob-Desmalte , fermier M. Mollot.

La superficie de la commune et des 1429 hectares qui se décomposent ainsi :

 

1° - Territoire agricole

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Superficie cultivée

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Superficie

Non cultivée

 

 

 

 

Terres labourables

 

 

 

 

 

Prairies naturelles

Bois

 

 

Jardins

 

 

 

 

 

terrains marécageux

 

 

 

 

 

 

 

grains alimentaires céréales tubercules racines

prairies artificielles                           170                           1320

cultures industrielles (betteraves

vignes

jachères

 

 

 

 

 

maraîchers et potagers                           2

de particuliers

de plaisance parcs

 

Total de la superficie cultivée                                                                  1387

 

 

 

 


850

170

160

 

140

 

 

 

10

25

 

 

2

20

10

 

 

 

 

 

 

27

 

 

 

 

 

 

1320

 

 

 

10

25

 

 

 

32

 

 

1387

 

 

 

 

27

  2ème   - Territoire occupés.

 

Par les terrains bâtis et non bâtis                                                                 15           15

 

                                                                  Superficie totale                                            1429

 

            Moissy est bâtie sur un plateau de 85m d’altitude par 19° de longitude orientale et 48° 38’ de latitude septentrionale.

            Un cours d’eau très peu important traverse le territoire de l’Est à l’Ouest. C’est le ru d’Audre ou des Hauldres qui prend sa source à Galande, commune de Réau, et se jette dans la Seine à Soisy sur Etiolle (Seien et Oise).

            L’artère principale de la commune est la route départementale n° 11 de Corbeil à Rozoy qui traverse le village et le territoire dans toute leur longueur.

Plusieurs chemins relient Moissy aux localités voisines : le chemin de grande communication de Moissy à la Chapelle Gauthier par Réau ; le chemin vicinal de Moissy à Combs la Vile, dit des Meuniers ; le chemin vicinal de Moissy à Savigny le Temple par la ferme d’Arvigny ; le chemin vicinal de Moissy à la route de Brie à Melun, passant par les fermes de Noisement et d’Egrenay.

            Moissy est desservie par la gare de Lieusaint (lignes de paris Lyon Méditerranée) qui en est distante de deux kilomètres.

            Très peu de bois sur le territoire : 25 hectares environ dont la plus grande partie lieu dit la Brossette, le bois de Noisement vis-à-vis la ferme de ce nom et le reste composé surtout d’arbres appelés remises et destinés à servir de lieu de refuge au gibier.

 

 

Chapitre second

 

§ 1er – Agriculture

 

Le village de Moissy Cramayel est bâti au milieu d’une plaine fertile et parfaitement cultivée. Les éléments constitutifs du sol sont à peu près mélangés dans les proportions requises par les agronomes. L’excès de l’argile dans certaines parties a cessé d’être un inconvénient depuis que le drainage a assaini le territoire entier. Les terres au point de vue de la qualité, sont classées ainsi qu’il suit :

 

            terres de première classe 38 pour cent

            -----------  seconde  -------  32 -------------

            -----------  troisième ------  30 --------------

 

les terres de 1ère classe sont vendues   4200 f l’hectare et affermées   140 f

---------------- 2ème ------------------------- -- 3500 f --------------------------- -  130 f

 --------------- 3ème -------------------------- - 2800 f -----------------------------  120 f

 

L’hectare de terre, année moyenne, produit :

 

            25 hectolitres de froment pesant 76 kilo l’un

            25 ------------------  seigle ------------ 72 -------------

            45 ------------------  avoine ----------- 50 -------------

            85 quintaux de pommes de terre

            36 quintaux de betteraves

            60 quintaux de luzerne

            45 quintaux de sainfoin[1]

            15 quintaux de trèfle

 

---- Animaux de fermes ----

 

 

 

 

 

Nbre de bêtes

Poids moyen

Prix moyen

 

chevaux

bœufs

vaches

chèvres

moutons

150

75

45

6

4000

550

800

500

40

40

750

700

400

40

40

 

 

Volailles

poules

oies

canards

dindes et dindons

pintades

1700

100

300

30

50

-

-

-

-

-

2.50

5.00

3.00

7.00

3.00

 

            Il est intéressant de rapprocher de la situation agricole d’aujourd’hui celle d’autrefois.

Nous trouvons dans un registre de déclaration de tous les fonds et héritages situés dans l’étendue de la paroisse de Moissy en 1715 :

« Jean Roger, laboureur à Lugny tient à loyer du Sieur de Voisenon, écuyer, une ferme constante, un logement pour un fermier, grange, écurie, colombier, bergerie, vacherie et autres petits bâtiments contenant dix huit travées, parties couvertes en tuiles et chaume, cour, jardin et clos, faisant le tout « ensemble trois quartiers et demy ;

« plus de 50 arpents de bonnes terres labourables,

«            150 de médiocres,

«              50 des moindres,

«               6 arpents de près médiocres,

«               4 arpents de pâtures,

«              7 arpents des moindres bois ;

«  deux charretiers, un berger, deux servantes ;

« 7chevaux, 12 vaches, 3 porcs, 200 bêtes à laine

«                      Loyer 1100 livres »

 

L’arpent valait dans cette commune 42a21, le sieur jean Roger affermait donc, indépendamment des bâtiments, du personnel et des bestiaux, environ 90 hectares pour 1100 f soit 12 livres par hectare, à

peu près le dixième du montant des locations actuelles.

 

« Pierre Boucher, laboureur à Arvigny, tient à loyer du Sieur de la Vieuville, seigneur de Nandy, « une ferme de neuf travées de bâtiments couvertes de tuiles, cour et jardin, le tout contenant un « demy-arpents plus :

« 50 arpents de bonnes terres labourables,

« 50 ---------- des médiocres,

« 50 ---------- des moindres,

« un charretier, un berger, deux servantes,

« 4 chevaux, 6 vaches, 2 porcs, 250 bêtes à laine

« loyer : 800 livres » (12 livres l’hectare)

 

§ 2 – Commerce et industrie

 

Moissy Cramayel est un village essentiellement agricole. Le commerce et l’industrie n’y tiennent qu’une place tout à fait secondaire, comme il est facile de le constater par le tableau suivant :

 

 

 

---- Commerce ----

 

aubergistes, débitants

bouchers

charcutiers

épiciers merciers

7

1

1

6

marchands de charbon

-------------------- chaussures

-------------------- nouveautés

-------------------- paille et fourrage

2

1

1

1

 

 

---- Industrie ----

 

boulanger

bourreliers-selliers

charrons

chaudronniers plombiers

cordonniers

distillateurs d’alcool de betteraves

mécanicien

2

1

1

2

2

4

1

menuisiers

maréchaux ferrants

peintres vitriers

serruriers

entrepreneurs de drainage

----------------------- maçonnerie

----------------------- routes

1

2

1

2

1

2

1

 

 

 

 

 

Histoire de l’enseignement

 

Il est profondément regrettable que ni les archives communales ni les archives départementales ne nous fournissent aucun document pouvant servir à établir d’une manière précise l’histoire de l’enseignement aux différentes époques de notre histoire.

            Des temps immémoriaux la seigneurie principale de cette paroisse appartenait aux évêques de Paris et jusqu’en 1643, le Curé fut chargé de faire l’école aux enfants. Mais nous ignorons complètement dans quel genre de local la classe était installée et quel programme y était suivi.

            En l’année 1643, l’archevêque de paris céda au Seigneur de Cramayel sa terre de Moissy, sa ferme et sa dîme en vue de mieux doter la chapelle du château et de permettre au chapelain d’aider le curé à faire son service et de s’occuper des écoliers. Ceux-ci pourtant profitèrent peu de ces bienveillantes dispositions. Le Chapelain de Cramayel fut toujours un prêtre étranger au Diocèse et ne s’astreignit pas à la résidence. On dut rechercher des maîtres laïcs.

            Nous donnons ci-dessous les noms des maîtres qui se sont succédés depuis 1669, d’après les actes de l’état-civil où ils ont figuré comme témoins mais sans toujours pouvoir préciser les dates de leur avènement et de la cessation de leurs fonctions.

 

Noms et prénoms

Date d’entrée en fonction

Date de cessation des fonctions

Observations

Morre Jean

12 juin 1669

1699

maître d’école – sergent de justice de la paroisse de Moissy

De Marne François

12 mars 1699

5 juillet 1700

maître d’école, dans le dernier acte il est qualifié de « thuillier »

Morre Jean

27 septembre 1701

1702

déjà nommé

Denotz Jean-Baptiste

2 mai 1702

4 octobre 1702

de cette dernière date au 14 juillet 1704 rien n’indique la présence d’un maître d’école

Charpentier Pierre

14 juillet 1704

11 juuin 1721

figurait parmi les exemples de la paroisse, cultivait des terres car il possédait un cheval et une vache

Chevalier Jacques

15 juillet 1721

4 janvier 1746

maître d’école

Rouget François

14 février 1746

5 décembre 1746

id.

Brisebois Etienne

27 décembre 1746

9 novembre 1748

id.

Quetier Antoine

10 février 1749

24 juillet 1763

maître des petites écoles

Quetier Etienne Antoine (fils du précédent)

16 octobre 1763

29 avril 1812

maître d’école – élu en 1793 pour constater les naissances mariages et décès

Ple Martin

1812

11 novembre 1825

instituteur

Annier Etienne Auguste

11 novembre 1825

15 mai 1827

id.

Durand Jean Médard

15 mai 1827

30 décembre 1857

id.

Jacquereau Eloi

1er janvier 1858

1er septembre 1879

id.

Bizord Charles Joseph

1er septembre 1879

-

id.

 

Nous trouvons la description de la maison d’école appartenant à l’église lors de la Révolution, dans un acte de vente de l’an Vi de la république Française.

 

Vente de domaines nationaux

En exécution de la loi du 28 ventôse an IV

 

Vente au profit du Sr Logues Jean Charles des domaines nationaux dont la désignation suit : maison ci-devant d’école et dépendances, consistant :

1° en un bâtiment de 37 pieds de long sur 20 pieds de large et 9 pieds de gouttes, entre deux jardinets, composé d’une chambre à feu et d’un cabinet couverts en paille

2° à côté dudit bâtiment est un mauvais appentis aussi couvert en paille, une petite étable en ruine et tirets idem

3° en un jardin contenant cinquante perches entourés de mauvaises haies et dans lequel il y a un puits ;

Le tout tenant du midi au Sr Salmon et du Nord aux héritiers Huchard, du Levant à la rue de la Croix Bessis et du couchant à la Fresnay et situé sur le territoire de Moissy,ancien district de Melun, moyennant la somme de sept cent vingt livres.

 

            Après la Révolution, faute de local spécialement affecté au service scolaire, la commune prit à loyer différents immeubles remplissant plus ou moins bien les conditions désirables. En 1833, la population ayant augmenté d’une manière considérable, la municipalité sentit la nécessité de faire construire une maison d’école pour les enfants des deux sexes, et affecta à cette dépense une somme de quinze mille francs.

            En 1873, une école de filles fut fondée mais par une mesure d’économie mal entretenue, l’installation en fut faite dans de mauvaises conditions. Le logement de l’institutrice était insalubre et l’entrée de l’école située dans une rue étroite et fréquentée exposait les enfants à de graves dangers.. Le Conseil municipal, animé des dispositions les plus favorables pour toutes les questions concernant l’instruction populaire, songea à mettre fin à ces inconvénients.

            L’école des garçons avait été reconnue insuffisante par l’autorité académique, et de plus, l’accroissement constant de la population scolaire faisait désirer la création d’une école enfantine. L’importance des travaux à exécuter et des dépenses en résultant n’effraya pas le Conseil municipal qui, en 1880, mit à l’étude un projet de groupe scolaire complet. Le monument actuel, établi de façon à donner satisfaction à toutes les exigences fut commencé en avril 1885 et inauguré le 10 octobre 1886. Il comprend deux classes de garçons, deux classes de filles et une école enfantine ; des logements pour l’Instituteur et un adjoint, pour l’Institutrice et une adjointe et pour la Directrice de l’école enfantine. Sa situation au centre de la commune et loin des bruits extérieurs ; la salubrité et l’éclairage parfaite des classes, l’adjonction de vastes cours et de préaux couverts, la décoration agréable quoique sobre du groupe font de cette construction un des modèles du genre.

            L’enseignement est donné à cent cinquante enfants de trois à treize ans par un instituteur, une Institutrice titulaire, une Institutrice adjointe et une Directrice d’école enfantine.

 

 

 

Histoire locale

 

Le village de Moissy s’est appelé Moissy en Brie et Moissy l’Evêque parce que les évêques de Paris en furent longtemps seigneurs, depuis la Révolution, il porte le nom de Moissy Cramayel.

            La seigneurie principale appartenait des temps immémoriaux à l’évêque de Paris. Moissy est qualifié de chambre épiscopale de l’église de Paris et exempte du ressort de Corbeil par lettre du roi Charles V datée de 1359 : il relevait du bailli de l’évêque comme les autres prévôtés appartenant à l’église de Paris.

            Dès le XIIème siècle quelques parties de la seigneurie furent données par l’évêque à des seigneurs particuliers, mais toujours sous la dépendance et la suzeraineté de l’évêque.

En 1643, l’évêque céda sa seigneurie avec tous les droits au seigneur de Cramayel.

            Le manoir seigneurial des évêques servit à recevoir plusieurs rois. En 1116, Louis VI y eut une conférence avec le Comte de Champagne, Thibault et André de Baudimont après la mort d’Eudes, comte de Corbeil. Le comte Thibault cherchait à garder cette ville qui était un passage sur la Seine comme Lagny en était un sur la Marne. Pour retenir Corbeil, Louis VI mit en liberté le célèbre factieux Hugues du Puiset, neveu du Comte de Corbeil qui venait de mourir.

En 1314, le roi Louis el Hutin résida à Moissy dans le manoir épiscopal.

Les évêques de Paris y vinrent souvent et y signèrent plusieurs actes ; ils y reçurent foi et hommages de plusieurs vassaux ; le voisinage de Melun, où la cour résidait aux XIIIème et XIVème siècles, les attirait à Moissy.

1268, l’évêque Etienne Tempier laissa à ses successeurs les meubles qu’il y avait dans son hôtel.

1289 Simon de Bucy, évêque, fit réparer le manoir, refaire la porte avec tourelles et créneaux. Vers 1447, Guillaume Charlier, évêque le rétablit.

Dès 1288, l’évêque avait réuni à ce manoir trois masures et des terres ; il avait fait construire une maison neuve près de la porte et réparer la clôture.

Il y avait, dans cette maison, une grange voûtée comme une chapelle ; c’était peut-être une ancienne salle qui était restée du manoir ; elle fut démolie vers 1750.

 

Les évêques de Paris

 

1157 l’évêque Thibault régla, à Moissy, les intérêts de Guillaume, prieur de Saint Martin des Champs avec ceux de Thomas de Brie et de Milon de Fourches

1233 l’évêque reçoit de Pierre de Coubert quatre arpents de terre à Moissy

1253 Renaud de Corbeil, évêque, reçoit à Moissy l’hommage d’Athilde, veuve de jean de Versailles, écuyer pour les bois de Versailles

1268 l’évêque achète cent arpents de bois à Moissy

1258 il avait acquis d’Hugues, dit Trébuchet, de Philippe et Ermengarde, ses sœurs, un arpent de terre pour 6 l 6 sols

1263    il acquiert de Jean de Coubert, écuyer, et d’Agnès, sa femme, 4 droitures et demie 5 sols de cens et 18 sols de tailles

1264 il achète de pierre de Vilaine, écuyer, et Hanoïse, sa femme, de Moissy, 3 arpents de prés pour 13 livres parisis

1270 il reçoit l’hommage de Robert du Plessis, chevalier, pour un bois situé à Moissy

1278 il reçoit, dans l’église de Lieusaint, en présence de Guillaume, curé dudit lieu, l’hommage de Robert de Lieusaint, chevalier, pour 60 arpents de terres entre Moissy et Lieusaint

1281 il achète de Pierre, dit Doucet, de Moissy, et de Marguerite, sa femme, une maison près du manoir épiscopal

1316 il accepte comme garants de Jeannot Martin et Sédille sa femme, Simon Maritte et Gillet le Charretier, pour la ferme et moisson de la mairie du Four à Moissy

1311 il donne au chapitre de Paris, 14 arpents de terres, à Noisement, terres à bail viagère par Jean d’Arbonne, curé de Moissy

 

Seigneurs particuliers

 

1161 Guy de Moissy, chevalier, était seigneur d’une partie du pays ; en 1175, il était présent à l’acte de foi et hommage rendus à l’évêque par Anseau de Garlande

1190 Guy vend à l’évêque, de concert avec Girard son fils, déjà reçu chevalier, le moulin de Chatereine à Corbeil, plus 12 arpents de terre, l’acte est passé à Moissy. Guismond de Moissy, son frère, chanoine de Champeaux, ses enfants Odon et Guy de Moissy, ses gendres, Pierre et Mathieu, ainsi que leurs femmes Hildeburge et Ermengarde, garantissent cette vente : les témoins sont Gilbert de Moissy et henri de Lugny

1195 Trie de Moissy et Adam son fils cèdent la terre de Troyans, à Bombon pour y établir un prieuré

1197 les frères de Girard de Moissy rendent hommage à l’évêque pour la maison et les 4 manses de serfs qu’ils tiennent à Moissy

1209 Henri de Moissy était seigneur de Chaintereau

1225 Dreux de Maincy, chevalier, donna à l’abbaye du Jard une rente de onze setiers de blé sur la dîme de Moissy – Denys, prêtre, lui donné 2 setiers sur la même dîme. Henry de Moissy lui en donna six setiers et Pierre le Botté deux setiers

1282 jean de Moissy vend à l’évêque trois arpents trois quarts de terres

1580 Jean Hoddard était seigneur en partie

 

Cramayel

 

Cramayel (Cramoël, Cramuel, Cramuelle, Cramoyau, Gramoyau) était un château fort dont les seigneurs portaient le titre de sire ; il relevait du fief de la Salle aux païens, dit les Batailles de Mandegris, à Fontenay le Vicomte, près de Corbeil ; il avait haute justice avec prévôt et autres officiers, qui étaient du ressort de la prévôté de Corbeil.

Ce manoir, en gresserie de forme rectangulaire avec tours aux quatre angles était flanqué de deux pavillons et entouré de fossés avec pont levis. Il reçut de grandes modifications au XVIIème siècle, tout en gardant son caractère primitif. Le parc fut agrandi alors : il comprenait plus de cents arpents de terre, vingt cinq arpents de parterre : une magnifique avenue rejoignait la route de Paris. Une chapelle de Saint Georges fut construite en 1205 près du château : l’évêque s’en réserva la nomination. Il fut stipulé qu’il n’y serait fait aucune cérémonie paroissiale ni autres fêtes réservées ; que les gens du château et dépendances ne pourraient satisfaire au devoir pascal qu’à la paroisse ; que le chapelain serait sous la juridiction du curé et assisterait aux offices paroissiaux les jours de grandes fêtes, notamment le jour de l’Assomption, fête patronale.

Cette chapelle tombant en ruine fut remplacée au XVIIème siècle par une autre comprise dans l’enceinte du château.

Le chapelain avait reçu dès l’origine un droit de dîme et autres revenus.

En 1544, Valentine Lhuillier, dame du château, fonda une messe basse, tous les vendredis dans la chapelle et donna, à cet effet, quinze arpents de terre, plus un cahier et deux burettes en argent doré.

Au XVIIIème siècle, le revenu du chapelain était de six cents livres.

En 1755, le titulaire était André de Claustre, du diocèse de Lyon, auteur d’une table du Journal des savants ; il renonça au traitement de 600 l, le seigneur lui ayant assuré une pension de douze cents livres pour le soin qu’il donnait aux affaires de sa maison.

En 1768, le seigneur de Cramayel, François Fontaine, fermier général établit dans son château un théâtre : non pas une scène de salon avec paravents et rideaux, mais une véritable salle de spectacle avec tous ses accessoires, destinée à ajouter à l’agrément des fêtes qu’il y offrait pendant la belle saison à la noblesse d’alentour et à ses amis de Paris, financiers et gens de lettres. Une nombreuse et brillante société s’y rendait fréquemment ; entre autres personnages : Marmontel Crébillon fils, Bernardin de St Pierre, le Cardinal de Bernis, Bouret de Croix Fontaine de Seine Port, Geoffroy de Montjoy de Bombon, etc. Des artistes de la Comédie Française y remplissaient les principaux rôles.

Cette magnifique propriété, perdue au jeu par Jean François Fontaine, marquis de Cramayel, a été détruite en 1824 : le château a été démoli, le parc et le parterre ont été livrés à la culture. Il n’a subsisté qu’un obélisque en pierre de Créteil haut de 25 mètres et surmonté d’une boule dorée. Le monument qui n’avait pas coûté moins de 14285 livres 9 sols et 3 deniers a été érigé en 1767 en souvenir de la félicité du châtelain ainsi que l’atteste l’inscription gravée sur le socle :

 

Diis conjugalibus

Testimonium hoc amoris

Et mutux felicitatis

Monumentum posuerunt

Fontaine de Cramayel

Et Ermonica de Laborde, uxore

Ann LII regni Lude XV

Opt. Paine.

 

Louis XIV avait honoré de sa présence le château de Cramayel, il y dîna et y coucha le 23 février 1688. Une pièce, dite chambre du roi, conservait le souvenir de son passage.

Napoléon 1er qui admettait dans son intimité Jean François Fontaine, marquis de Cramayel est venu plusieurs fois chasser à Cramayel. Etant premier Consul, il signa comme témoin, ainsi que Joséphine de Beauharnais, sa femme, l’acte de naissance d’un enfant du marquis. Voici la copie de cet acte :

 

Du vingt cinq Brumaire, l’an douze de la République à huit heures du soir,

Acte de naissance de Napoléonne Joséphine, née le vingt cinq dudit à six heures du soir fille de Jean François Fontaine de Cramayel, Préfet du Palais du Gouvernement et de Marie Joseph Folard, sa légitime épouse. L’enfant a été reconnue du sexe féminin par Napoléon Bonaparte, premier Consul de la République Française, âgé de trente ans,

Et par Joséphine Bonaparte, épouse du premier Consul, âgée de trente six ans,

Constaté suivant la loi par nous Maire de la commune de Moissy, faisant les fonctions d’Officier Public de l’Etat Civil, sur la réquisition à nous faite par

Le Sr Jean François Fontaine de Cramayel, père de l’enfant ; et lecture faite du présent acte, les dits requérants et témoins on t signé avec nous.

Signés : Bonaparte, Joséphine Bonaparte, Fontaine de Cramayel, Aubergé maire

 

Seigneurs de Cramayel

 

1140 Jean de Cramayel

1180 Adam de Cramayel

1198 Jean de Cramayel et Marthe, sa femme, font des donations à la chapelle de Franchard de la forêt de Bièvres (de Fontainebleau)

1203 Thierry et Ferry de Cramayel fondent la chapelle de leur château

1206 Ferry approuve, comme seigneur dominant, une cession de manses à Viry, faites au chapitre de Paris ; il est inscrit parmi les bienfaiteurs du Jard

1220 Adam de Cramayel approuve, comme seigneur dominant, une rente de terre à Viry faite au chapitre de Paris

1224 Mathilde, veuve de Ferry, donne à l’abbaye de Livry, près Paris, 200 arpents de terre sis à Berneau

1245 Pierre de Cramayel est présent à l’hommage fait à l’évêque de Paris par Anse de Garlande pour la seigneurie de Tournan et en 1255 à l’hommage de Guillaume d’Hières au même évêque pour les fiefs de Combs la Ville

1328 le roi étant à Cramayel adjuge à Jean de Courpalay la haut’e justice de ce lieu et de la chapelle Iger

1353 Jean de Champeaux archidiacre de Melun

1390 Jean de l’Hôpital

1420 Jean Leclère nommé par le roi d’Angleterre

1450 Pierre de Morvilliere, chancellerie de France

1497 Philippe Lhuillier

1544 Valentine Lhuillier, veuve de Bertrand Lorfèvre d’Armenonville, aussi ame de Seine Port, etc.

? Valentine Lorfèvre, sa fille, mariée à Jean Girard, écuyer

1598 Robert de Grouches, seigneur de Gribonval

1640 Jean Jacques de Mesmes, comte d’Avaux, Premier Président au Parlement, négociateur, membre de l’Académie Française, marié à Marie Thérèse Feydeau de Brou

1661 Jean Antoine de Mesmes, son fils

1723 Henriette Antoinette de Mesmes, sa fille, femme de Hector Louis de Gélas, marquis d’Ambres, vicomte de Lautrec, Lieutenant général

1740 François Fontaine, écuyer, fermier général et Françoise Monique de la Borde, sa femme

            Cramayel fut érigé en marquisat en 1775

1779 Jean François Fontaine, marquis de Cramayel, introducteur des ambassadeurs, Préfet du Palais du Gouvernement, marié à Marie Joseph de Folard

En 1788, Jean François, marquis de Cramayel, fit don à la commune de Moissy d’une pièce de terre de trente arpents, lieu dit la Treuze dont les revenus devaient être distribués aux pauvres par les soins du Curé et du Syndic. Cette donation administrée aujourd’hui par M. le Maire et M. le Curé produit annuellement une somme de huit cent francs.

Le marquis de Cramayel avait été député de la noblesse du bailliage de Melun en 1788 et en 1790, Président du directoire du département de la Seine et Marne (préfet électif). Il fut maire de Moissy de 1816 au mois de mai 1826, époque de sa mort.

 

Noisement

 

Noisement (Nocumentum) qui est actuellement une ferme était autrefois un château de défense ; ce château était déjà ruiné en 1647, le seigneur reconnaissait le ressort de la Justice de Corbeil, ainsi que ceux de Cramayel, de Chaintereau et de Lugny.

 

Seigneurs

 

1179 – 1208 Guillaume d’Attilly : il tenait le fief de l’évêque

Vers 1200 Girard et Henri de Moissy firent hommage à l’évêque de ce qu’ils y possédaient

1224 Henri de Noisement, écuyer, témoin à la vente faite à l’évêque de a dîme de Barneau

1252 Guillaume de Noisement, chevalier et Isabelle, sa femme, vendent à l’évêque pour 100 livres parisis, dix manses sises à Moissy, qu’ils tenaient de Guiard de Brunoy

1257 Guillaume vend encore plusieurs droits à l’évêque

1258 Henri de Noisement, écuyer, Simon, son frère, et Gile, sa femme, cèdent à l’évêque 40 sols de cens, 7 chapons et autres revenus à Moissy pour 31 livres parisis

1262 – 1263 Guillaume, déjà nommé, vend aux dames du Lys ses terres à Chaintereau

1270 Guillaume de Noisement, fils du précédent, fait hommage à l’évêque de cens masures et arrière fiefs à Moissy

1276 Simon de Noisement, chevalier, vend aux Dames du Lys, trois arpents de terres

1309 Marguerite, veuve de Pierre de Noisement, écuyer, et Guillemin, leur fils, vendent à l’évêque cent sols de menses cens

1580 Nicolas de Neuville

 

Chanteloup

 

Chanteloup (alias Chantelou) ferme dépendante de Moissy.

 

Seigneurs

 

1177 Pierre de Chanteloup et Erlangade, sa femme, vendent à l’évêque de Paris Maurice de Sully, moitié du moulin de Chantereine à Corbeil – Simon, Hugues, Richelde et Aveline, leurs enfants, approuvent cette vente. L’acte est passé à Moissy en présence de Ranulphe de Chanteloup, Gisbert, doyen de Moissy et Postel de Moissy

1180 Eudes de Chantelou laisse au chapitre de Paris 40 sols de rente sur la dîme de Viry

1209 Robert de Chantelou assiste à la cession de part d’Andrésy faite par les chapitres de Paris

1210 Hugues de Chantelou

1224 Philippe de Chnatelou est présent à un engagement de la dîme de Barneau faite par Pierre Buinelle au chapitre de Paris

1259 Robert de Chantelou et Eustache, sa femme, vendent à l’évêque un quart de la dîme de Chantelou – Cette vente est approuvée en 1261 par Simon de Chantelou, fils de Pierre, Isabelle, sa mère, Guyot de Chantelou et Isabelle sa sœur.

1266 Isabelle, veuve de Philippe de Chantelou, vend aux Dames du Lys 12 sols de menus cens sur terres et masures sises à Chantelou

Simon de Chantelou vend à Girard, son frère, un arpent de terre et autres biens provenant de Jean de Chantelou, curé de Sainte Croix à Paris. Guillaume de Chanteloup, écuyer, frère de Jean, et Nicolas, son fils, consentent à cette vente.

1289 Girard vend ces biens aux Dames du Lys

1296 Colin ou Nicolas de Chantelou, fils de Guillaume, leur cède un demi arpent de terre

1455 Postel, qui fut poursuivi comme refusant une redevance aux Dames du Lys

1620 Marie de Luynes, veuve de Jean Postel, écuyer, qui fut condamné à leur payer six setiers de blé et 2 d’avoine

1643 Anne Postel, prêtre à l’Oratoire, aussi seigneur d’Ailly près Sivry et d’Ormois près Lieusaint

1666 Jean Postel, chevalier, seigneur d’Avernes à Ussy, à qui le précédant donné la fief de Chantelou

1696 Basile de Brennes de Postel, seigneur de Bombon, petit neveu d’Anne de Postel

1712 Edmée Charlotte, sa fille, mariée à Thomas Auguste Goyon de Matignon

1735 François de Brennes, chevalier de Malte, commandeur de la Commanderie d’Auxerre qui donné aux précédents sa part de Seigneurie

1761 Eugène Octave Augustin, comte de Rosen, mestre de Cavalerie Allemande

 

Lugny

 

Lugny (alias Luigny) Luciniciaum ou Lucaniacum. Il est possible que ce nom vienne de Saint Lucain dont le corps possédé par la cathédrale de Paris avait été transporté à Lugny au temps des ravages des Normands. Lugny est nommé parmi les paroisses du Doyenné de Moissy au pouillé du XIIIème siècle sous le nom de Luigny.

C’était un fief avec château très ancien qui relevait de Grigny dans la justice de Corbeil ; il avait droit de moyenne et basse justice. Il y avait à Lugny une chapelle de Ste Geneviève fondée en 1206 ; elle forma jusqu’en 1450 environ, une paroisse qui fut alors réunie à Moissy. Plusieurs membres de la famille Hodoard en furent titulaires.

En 1780, M. Guillard, chanoine de Notre Dame de Melun qui était chapelain donna sa démission et fut remplacé par Bernard O’Brien curé de Saint Port. En 1720, le revenu était de 80 livres avec dîme sur 20 arpents de terres.

 

Seigneurs

 

1190 Henri de Lugny

1197 – 1208 Baudoin de Lugny, possesseur d’un fief tenu par Ferry de Moulignon homme lige de l’évêque

1475 Jeanne de Jeurre

1500 François Hodoard, professeur de théologie

1554 Jacques Hodoard

1558 – 1580 Jean Hodoard

1601 Jean Fusée de Voisenon

1635 Jérôme Fusée, volontaire au régiment de Charles de Valois, duc d’Angoulême

1640 Jean Fusée, seigneur de Voisenon et Grigny

1667 Jean de Campan

1761 Georges d’Armagnac, apothicaire du Prince de Conté

1780 Louis Claude Desforges

1789 M. de la Fresnaye, notaire à Paris

 

Chaintereau

 

Chaintereau, alias Chaintreaux, Chentereau, Chanistriaux, était une terre appartenant aux dames religieuses de l’abbaye du Lys, en vertu de la donation de la reine Blanche mère de Saint Louis, leur fondatrice. L’abbaye avait droit de cens seigneurial et droit de haute justice, avec prévôt et autres officiers. Le domaine devait une rente de trois setiers de blé et trois setiers d’avoine à l’Hôtel Dieu de Corbeil qui fut maintenu dans ces droits en 1761. L’abbaye reconnut en 1672 que Chaintereau relevait de la haute justice de Moissy ayant probablement vendu ou abandonné la sienne.

 

Seigneurs

 

1219 Henri de Moissy

1247 Marguerite du Plessis, Vve Briart qui vendit la maison avec 160 arpents de terres pour 800 livres à Blanche de Castille, mère de Saint Louis. Odon Briart du Plessis, fils de Marguerite, approuve cette vente

1248 Le roi Saint Louis donne ce domaine à l’abbaye du Lys près de Dammarie

1248 L’abbaye achète de Jean de Brie et autres ce qu’ils possèdent à Chaintereau

1262 Elle acquiert de Guillaume de Noisement une pièce de terre

1263 Elle achète de Bertrand des Granges, écuyer, un arpent de pré et 11 mouvances seigneuriales sur 15 arpents et demi de bois et sur la dîme de Chaintereau. Elle achète encore :

1263 d’Etienne de Brie, panetier du roi, toute cette dîme moyennant 445 livres parisis

1282 de Jean de Moissy : 2 arpents trois quarts de terre à Chaintereau en échange d’un arpent à Moissy

La ferme de Chaintereau avec environ 7 arpents près de la maison et 240 arpents de terres était louée en 1626 : 11 muids de grains, 1 setier de pois et un porc gras.

En 1634 : 15 muids environ, 1 porc gras, 15 fromages, 24 chapons et 48 pigeonneaux. En 1710 : 1100 livres pour les 3 premières années et 1200 livres pour les six dernières. En 1721 : 1500 livres

De Chaintereau dépendaient les fiefs de Chantelou à Moissy et de Violette à Combs la Ville

 

Arvigny

 

Arvigny, alias Armingy, Remigny, Revigny, Orvigny, était un fief qu’un dénombrement de 1597 apprend être situé à Moissy l’Evesque et appartenir au Collège de Chanac ou de St Michel à Paris. Il y avait le grand et le petit Armigny qui furent saisis par faute d’hommage en 1566 et en 1628.

 

Seigneurs

 

XIIème siècle Jean, chambrier du roi, ses héritiers après lui

1216 Philippe Auguste donne leur succession au chapitre de Paris

1268 Alis, sœur de Guillaume d’Hières, devait hommage à l’évêque de Paris pour ce fief

1475, le 13 août, Hugues de Moriac maître du collège de Chanac rendit hommage à Louis de Beaumont, évêque de Paris

1710 Nicolas Lefèvre, seigneur de Nandy

1789 La Comtesse de Perthuis, de Nandy

 

Eglise de Moissy

 

Moissy est une paroisse très ancienne ; il devint le siège d’un doyenné qui fut aussi fixé quelque temps à Presles et enfin à St Germain du Vieux Corbeil. Il faisait partie du diocèse de Paris.

Il a dû y avoir une église très ancienne qui fut remplacée par une autre au XIVè siècle. Celle-ci fut reconstruite au XVè et au XVIè siècles : c’est l’édifice actuel : on y trouve quelques chapiteaux du monument antérieur. La nef est accompagnée au Nord d’un bas-côté. Le clocher est à gauche de la nef ; c’est une tour en grès massive et disgracieuse.

Inscription du clocher, 1532 :

« L’an mil V° XXXII ont été fondues les trois sœurs : la groce nommée Marie, autre « Anne et la petite Barbe, sans doubtance. »

Marie seule a survécu : elle a un mètre dix huit centimètres de diamètre.

Biens de l’Eglise :

Les 66 arpents environ de l’église étaient loués en 1783 à plusieurs personnes pour le prix de 1348 livres. Environ 6 arpents faisaient partie de la Seigneurie de l’Infirmier de l’abbaye de Chaumes.

 

Cure et curés

 

La cure de Moissy était une cure de portion congrue, c’est-à-dire que le curé n’avait pas les grosses dîmes de blé, avoine, etc. mais il recevait des gros décimateurs, une portion congrue ou un gros qui était ordinairement de 30 à 36 setiers de grains ou la valeur en argent.

Le curé avait les petites dîmes de luzernes, pois, chènevières, agneaux, oies et canards ; plus les dîmes morales sur les terres nouvellement défrichées. Les gros décimateurs n’avaient droit qu’aux dîmes des terres cultivées de toute ancienneté. Les dîmes étaient louées ordinairement à des gens qui se chargeaient de les lever.

En 1789, Louis Michel Trouvé, curé dut prendre part aux élections des députés du clergé de la Prévôté de Paris pour les Etats Généraux. En 1791, il prête le serment constitutionnel avec restriction ainsi que le Sr Chazo, son vicaire. Le 8 messidor an II, il fut condamné à mort et exécuté quelques jours après.

 

Paroisse et Commune

 

Les habitants furent affranchis successivement par les évêques depuis le XIIème siècle à raison de cinq livres par personne. Il y a notamment un affranchissement de plusieurs habitants en 1258 et 1261.

Moissy faisait partie de la Prévôté de Corbeil pour la justice ordinaire et de celle de Paris pour la coutume légale et les élections des députés.

En 1789, les habitants tinrent une assemblée en la salle municipale pour rédiger leurs plaintes et leurs vœux aux députés des Etats Généraux. Leur cahier de doléances exprime à peu près les mêmes demandes que partout ailleurs sur les réformes à faire.

Il est signé : Noüette Delorme, Lherminot, Sameladès procureur fiscal et autres.

 

Population

 

En  1703

-----1726

---- 1809

-----1840

-----1866

-----1881

-----1886

 

122 feux

 338 habitants

 526 ------------

 545 ------------

 749 ------------

 897 ------------

 922 ------------

 

 

 

 

 



[1] Herbe vivace qui fournit un excellent fourrage