MONOGRAPHIE DE LA COMMUNE DE NANDY

 

 

La commune de Nandy appartient au canton nord de Melun. Elle touche : pour sa partie ouest, au département de Seine et Oise. Son chef-lieu, à 8 kilomètres nord ouest de Melun est situé par 0° 12’ 43’’ de longitude orientale et 48° 33’54’’de latitude septentrionale . Son altitude est de 81 mètres. La population municipale de la commune est de 352 habitants fournie presqu’entièrement par le chef-lieu. L’étendue est de 8555 Ha, 6a, 99.

 

Cours d’eau La Seine sert de limite à la commune, au midi sur une longueur de 2 kilomètres. Elle sépare la commune de Nandy des communes de St. Fargeau (Seine-et-Marne) et du Coudray (Seine-et-Oise).

Deux autres petits cours d’eau, tributaire de la Seine, méritent à peine d’être mentionnés. On les désigne sous le nom de rûs : de Balourie et rue de la forêt d’Arcueil. Ce sont plutôt deux fossés que deux véritables cours d’eau, à sec souvent pendant l’été et ne déplaçant, même pendant l’hiver qu’un très faible volume d’eau.

 

Voies de communication .  La commune de Nandy est traversée, presque en son milieu, par la route départementale N° 33 de Melun à Corbeil et par le chemin de grande communication N° 50 de Brie-Comte-Robert à la Chapelle-la-Reine, chemin qui coupe presque perpendiculairement la route départementale, le point d’insertion se trouvant au village de Nangy. Un réseau de chemins vicinaux ordinaires  et de chemins ruraux bien entretenus suffit largement aux communications avec les communes voisines et aux besoins de l’exploitation agricole.

 

Forêts . PRINCIPALES ESSENCES DE BOIS. La forêt de Rougeau, ancien domaine de l’Etat,  est située en partie, environ  la moitié, sur la commune de Nandy. Cette partie est évaluée à 460 hectares.

La forêt de Rougeau est fort belle avec ses carrefours et ses nombreuses allées, derniers vestiges de sa splendeur passée. Louis XV, en effet est venu chasser à Rougeau. On remarque encore aujourd’hui le carrefour de « la table du Roy » . Sur la table en pierre qui forme, le centre du carrefour, le sybarite monarque avait pris un encas. Il était donc juste que cet acte nutritif fût transmis à la postérité. La pierre qui avait eu l’honneur de supporter les viandes royales fût la « table du Roy », nom qu’elle porte encore aujourd’hui.

Les principales essences de bois que l’on trouve dans la forêt de Rougeau sont le chêne qui forme à lui seul les neuf dixièmes de la production, puis viennent le bouleau, l’orme, l’érable, le tremble qui entrent en parties à peu près égales. Dans la composition, soit pour chaque essence 1/40 environ de la production totale.

Chaque année, une partie de la forêt est livrée en coupes réglées, appelées vente, aux bucherons qui transforment les jeunes baliveaux en bois de corde et leurs branches en charbon de bois, le bois ouvrable étant débité et livré aux diverses industries qui l’emploient. Le bois de la forêt de Rougeau, poussant sur un sol rocheux est de première qualité, soit pour la conservation, soit pour l’usage.

La majeure partie de la forêt de Rougeau est aujourd’hui la propriété  de M. le Comte Clary, ancien sénateur sous l’Empire, parent par alliance des Bonaparte et du roi de Suède Bernadotte, de qui il tient d’ailleurs son château de Lagrange Clary.

M. Foucher de Careil, sénateur de Seine-et-Marne est également propriétaire d’une petite partie de la forêt de Rougeau.

Tout à côté de la forêt de Rougeau se trouve le parc du Pavillon Royal du château construit par l’Intendant général Bouret il ne reste plus aujourd’hui que l’emplacement et les caves. Le parc, d’une contenance de 120 hectares est sillonné par cinq ou six souterrains construits de main d’hommes et dallés qui, croit-on, mettaient autrefois le parc en communications avec les communes voisines. Il n’est pas possible aujourd’hui d’assurer de la réalité du fait .Le manque d’air, soit par suite d’éboulements, soit par suite d’obstruction volontaire, ne permet pas de maintenir allumée une lanterne pendant plus d’une centaine de mètres.

Le parc du Pavillon Royal appartient aujourd’hui à M. Cousté. C’est dans le vignoble de cette propriété que M. Cousté récolte le raisin avec lequel il fabrique depuis quelques années son vin blanc mousseux, imitation du vin de Champagne, qu’il appelle vin blanc mousseux du Pavillon Bouret.

Curiosités naturelles Comme curiosités naturelles la commune de Nandy possède sur tout le versant qui regarde la Seine des grottes très curieuses creusées dans le roc et connues dans le pays sous le nom de Roches. Quelques unes de ces grottes sont assez spacieuses. La plus remarquable de toutes est , la roche Cognet, à une largeur moyenne de 8 mètres sur 6 mètres de profondeur et 2 mètres de hauteur .

Ces excavations dans un banc de roches calcaires à pic, ont été certainement produites par les eaux. De quelle manière et à quel moment ?  il serait assez difficile de le dire d’une manière certaine.

Les grottes étant situées à une hauteur de vingt cinq mètres environ au dessus du niveau de la Seine, il n’est pas admissible que la Seine ait pu s’élever jusque là sous peine d’avoir été un fleuve hors de proportions avec nos fleuves actuels. D’ailleurs avec un pareil volume d’eau, la Seine se serait étendue en une immense nappe avant d’entrer dans la vallée encaissée qui s’étend de Melun à Corbeil.

Le lit du fleuve n’a pu non plus s’affaisser à son niveau actuel car sa pente est régulière entre Melun et Corbeil, comme sur tout son parcours d’ailleurs.

Il faut donc admettre, ce qui du reste est assez conforme aux données géologiques, qu’à l’époque antidiluvienne un bras de mer occupait l’emplacement actuel de la Seine.

Les vagues en frappant sans relâche ces roches comme aujourd’hui les vagues de la Manche frappent les falaises de Normandie, auraient produit la désagrégation de ces roches dans les parties moins dures et formé ainsi ces curieuses excavations.

Un poisson fossile a été retiré accidentellement, il y a quelques années, par un coup de mine qui avait ouvert une brèche de roche. L’artiste avait signé son œuvre.

 

CHAPITRE II

 

Nature du sol -  Le sol de Nandy est généralement calcaire, mêlé d’argile en maints endroits. L’eau de puits à Nandy n’est pas potable. Elle contient  en dissolution une quantité très  considérable de carbonate et surtout de sulfate de chaux. Le chlorure de Caryum la transforme en un liquide presque laiteux de couleur, sinon de consistance. Ce résultat ne doit avoir d’ailleurs rien de surprenant, le sol de Nandy comme le reste de la Brie, étant un terrain ternaire, recouvert d’une couche, assez mince pour Nandy, de terrain d’alluvion.

Plusieurs emplacements sont encore formés d’une couche superficielle d’argile, mais le nombre en diminue de jour en jour. La mauvaise disposition de ces terres, sous le rapport de la fertilité, se trouve chaque année améliorée par le drainage.

 

PRINCIPAUX PRODUITES DES CULTURES LOCALES.

La culture porte spécialement sur les céréales, la vigne, les betteraves, tant à sucre que fourragères. La récolte de ces produits est plus que suffisante aux besoins de la population. Cette récolte est, pour une année moyenne, de 1500 hectolitres de froment, 500 hectolitres de vin, 5000 quintaux métriques de betteraves, tant sucrières que fourragères.

Les légumes, les pommes de terre sont cultivés par chacun selon les besoins de son alimentation  personnelle. La commune produit peu de fruits. On rencontre peu ou point d’arbres fruitiers en plein vent, si ce n’est dans les jardins des espaliers, des cordons, et quelques arbres à haute tige.

 

Elevage du bétail Les cultivateurs généralement, ne se livre pas à l’élevage du bétail. La ferme seule fait sur une petite échelle l’élevage des moutons. Cet élevage tend même à diminuer de jour en jour. La paille a aujourd’hui une valeur trop commerciale trop considérable pour être employée en litière et transformée en fumier, alors que les engrais organiques et minéraux reviennent à bien meilleur compte. Les fermiers préfèrent vendre leurs pailles et acheter des engrais. L’utilité du mouton, comme producteur de fumier se trouve donc détruite par ce fait, ou tout au moins considérablement diminué. D’un autre côté, la nourriture des moutons en hiver coûte cher lorsqu’ils doivent être nourris à l’étable avec des betteraves ou des carottes. Les cultivateurs préfèrent encore faire de la betterave sucrière dont ils trouvent à se défaire à bon compte que de la betterave fourragère qui, transformée en graisse leur rapporte beaucoup moins, étant donné la redoutable concurrence faite aux moutons français par les moutons étrangers, allemands ou autres, sur le marché de la Villette.

Beaucoup de fermiers ne gardent donc aujourd’hui que la quantité de moutons qu’ils peuvent nourrir avec les herbages qui se perdraient ou les pulpes de betteraves que les sucreries leur imposent par leurs marchés.

L’élevage des volailles, par quelques ménagères s’en tient strictement aussi à la quantité nécessaire aux besoins de la famille, surtout pour la fournie d’œuf.

On ne voit aucune volaille ni dans les rues ni dans les champs attenant aux habitations. Les cultivateurs seuls qui possèdent une cour fermée assez spacieuse possèdent quelques poules. L’élevage reste donc en dessous des besoins de la population qui doit avoir recours au fruitier et au marchand de volailles.

 

Commerce et industrie  Les industries  locales sont peu nombreuses et peu importantes. Il a déjà été dit un mot de la fabrication du charbon de bois qui a lieu dans la forêt de Rougeau et de la fabrication du vin blanc mousseux du Pavillon Bouret. L’industrie viticole s’ouvre s’exerce sur 500 hectolitres environ. Le vin appelé vin des Roches est assez estimé. C’est un petit vin clairet, très agréable au goût. Il se vend d’ailleurs jusqu’à 130frs la pièce de 228 litres. L’industrie fromagère est peu développée dans la commune. Le nombre des vaches ne s’élève pas au dessus d’une trentaine dont le lait en partie est consommé en nature. Le fromage fabriqué au château de Nandy jouit d’une certaine renommée. Sous le nom de fromage Roger, il a valu à son propriétaire plusieurs récompenses dans les concours agricoles.

Le commerce porte sur le vin, sur les produits agricoles ; blé, avoine, fourrages, paille, betterave sucrière, sur le lait et les fromages, sur les moutons et autres animaux de boucherie.

Ce commerce peut être évalué à 80.000frs par an.

 

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II°  PARTIE

 

HISTOIRE DE L’ENSEIGNEMENT

 

Il ne nous a pas été possible de retrouver des documents  relatifs à l’état de l’instruction dans la commune avant 1789. Plusieurs maîtres d’école ont cependant exercé dans la commune avant cette époque .

Le premier dont il soit fait mention, le sieur Bronsard, était maître des écoles de la paroisse en 1762. A quelles conditions ? nous l’ignorons. Les idées des grands écrivains du 18° siècle et des encyclopédistes  commençaient elles à travailler les populations en éveillant chez elles l’esprit d’examen  et en leur communiquant une soif ardente de savoir ? L’affirmative est plus que probable et ne saurait même être douteux.

Le sieur Brousard ne paraît pas avoir exercé longtemps à Nandy, on ne trouve plus trace de sa présence après 1762. Son court passage a été cependant très utile à la cause de l’instruction populaire . De 1793 à 1800,alors que les enfants de 1762 étaient arrivés à l’âge mûr, la moyenne des signatures sur les actes de mariage, est de 30% du nombre des conjoints et des témoins.

Après  1762, il faut arriver à  1795 pour qu’il soit fait mention d’un autre instituteur, le sieur Gillier.

Il est à peu près certain, vu le mode de recrutement des instituteurs à cette époque, qu’il y a eu des interruptions assez considérables entre le passage de deux instituteurs consécutifs. Le sieur Gillier Nicolas possédait en 1789 une certaine  instruction primaire. Il fut nommé, au début, membre du conseil général de la commune et en 1792 officier public chargé de la tenue des registres de l’état-civil.

Tout en exerçant ses fonctions  d’officier d’état-civil et sa profession de manouvrier, le sieur Nicolas Gillier dut travailler à perfectionner son instruction primaire, car on le trouve instituteur de la commune en 1795, fonctions qu’il n’exerça qu’une année pour redevenir ensuite manouvrier. Il est à noter que l’écriture de Gillier avait acquis de la sureté et certains principes lorsqu’il devint instituteur, ce qui donnerait à supposer qu’il avait dû prendre des leçons de calligraphie pour pouvoir les enseigner ensuite à ses élèves, l’écriture devant être à cette époque la branche importante de l’enseignement primaire.

Gillier fut remplacé en 1796 par le sieur Gramin qui ne dut pas rester longtemps non plus instituteur de la commune.

Il faut arriver ensuite  en 1810 pour trouver les traces d’un autre maître. Mais à partir de cette date jusqu’à nos jours, les instituteurs se succèdent sans interruption. L’école  régulière est véritablement créée dans la commune.

A Blanchard qui exerçait en 1810, succède en 1811 le nommé Hanat qui remplit jusqu’en 1834, les fonctions d’instituteur public à Nandy. Hanat était suffisamment instruit, travailleur, sérieux et aimant sa profession. Il a laissé de bons souvenirs. Quelques uns de ses élèves, aujourd’hui des vieillards, ont conservé de bons restes de son enseignement.

A partir de 1834 l’histoire de l’enseignement dans la commune entre dans une phase nouvelle, la loi du 28 juin 1833 ayant établi des prescriptions uniformes dont l’application dans chaque commune a donné lieu naissance à des documents officiels.

Dans son article 17, la loi du 28 juin 1833 créait auprès de chaque école un comité local de surveillance et dans son article 21 elle fixait les attributions de ce comité.

Ce comité avait droit d’inspection et de surveillance sur les écoles. Un procès-verbal rendait compte de chaque visite d’inspection.

Voici la teneur d’un de ces procès-verbaux, pris comme type :

« L’an mil huit cent quarante sept, le trente un Décembre, à deux heures du soir, le Comité « local de la commune de Nandy s’est assemblé sous la présidence de M. Lefèvre, Maire par « suite de la convocation qu’il en a faite.

« Etaient présents  M.M. Louis Auguste Gallot, Curé-desservant, Louis Danger et François « Cormillot, membres notables.

« Le Comité s’est immédiatement occupé d’examiner l’état de l’instruction des élèves et ayant « commencé par les plus avancés, ils ont trouvé que l’écriture était assez bonne, qu’ils lisent passablement bien et qu’ils répondent assez bien aux questions qui leur sont adressées sur la « grammaire et l’arithmétique. Ayant ensuite fait lire ceux qui sont moins avancés, ils ont  trouvé que la lecture n’est pas mauvaise, sauf quelques exceptions et qu’il en est de même « de ceux qui ne font que commencer, que tous généralement, en comparaison  de leur âge et « du temps qu’ils ont fréquenté l’école, sont passablement instruits et que du reste la tenue de « l’école ne leur a pas paru mauvaise.

 « Et ont signé les membres présents après lecture.

 

Si le comité local de 1847 était à peu près satisfait de l’inspection, il n’en était pas de même de celui de 1845 ainsi que le constate le procès-verbal suivant :

« L’an mil huit cent quarante cinq, le vingt trois mai, trois heures du soir,  le Comité local de la commune de Nandy  s’est assemblé sous la présidence de M. Lefèvre, Maire, par suite de la convocation qu’il a faite pour ce jour, au lieu ordinaire de ses séances.

« Membres présents : M.M. Louis, Auguste Gallot, curé-desservant, Gabriel  Moreau, et « François Cormillot.

« Absent M. Louis Danger, il n’a donné aucun motif de cette absence.

« M. le Maire ayant ouvert la séance a donné connaissance d’une lettre du vingt neuf avril  dernier, par laquelle M. Despatys secrétaire général de la Préfecture. mande qu’à la suite  de « l’inspection qu’il a faite à l’école de Nandy, M. le sous-inspecteur avait trouvé cette école « malpropre, la tenue des élèves mauvaise, et leur ignorance quasi complète ; que si, comme « la loi le prescrit, le Comité local inspectait la classe, il avait dû remarquer les faits signalés  « et les mentionner sur son registre des délibérations et qu’en conséquence il priait M .le « Maire d’envoyer copies des plus récentes, qu’en outre il désirait qu’il réunit de nouveau le « Comité et invitât ses membres à faire connaître ce qui avait pu leur être rapporté au sujet  de l’instruction et de l’instituteur, pour, les dits renseignements, être communiqués le plus « tôt possible.

L’attention du Comité ainsi appelée, il doit, préalablement  à tout avis, déclarer que « jusqu’ici il n’avait mentionné sur le registre des délibérations aucun des faits signalés par  M .le sous-inspecteur, encore bien qu’il ait à se plaindre et de la tenue de l’école et de la « conduite du maître, que jusqu’à ce jour on s’en était tenu à de simples avertissements et admonitions, persuadé que désormais l’instituteur serait plus rigide dans l’accomplissement « de ses devoirs. Qu’aujourd’hui, ayant à apprécier les faits constatés, il a à l’instant même « fait une visite dans la classe, et qu’effectivement, en y entrant le Comité a été frappé de « l’état de  malpropreté et de mauvaise tenue de la classe, mais que sur cette observation, le « maître d’école a répondu que c’était le mauvais temps qui en était la cause, ce qui n’a pas « empêché  le Comité de lui adresser de vives réprimandes. Procédant ensuite à l’examen et « interrogations des élèves ledit Comité a trouvé que parmi ceux qui, en raison de leur âge et « du temps de leur entrée à l’école étaient susceptibles de quelques progrès, il y en avait  « plusieurs dont l’écriture était assez bonne sur les questions de grammaire et d’arithmétique,  « il y a eu quelques embarras dans la réponse,  mais pourtant on n’a pas remarqué une « ignorance aussi complète que celle mentionnée par M. le sous-inspecteur, sans doute parce « que,  dans le premier moment, les élèves auraient été intimidés. Toutefois, le Comité n’a pas laissé de dire au maître que s’il prenait plus de soin de ses écoliers, s’il les interrogeait « souvent  avec l’intelligence qu’on doit lui supposer, ils contracteraient  l’habitude de « répondre e suite avec plus de précision et de clarté.

« Le Comité s’étant ensuite retiré dans le lieu de ses séances et y ayant appelé l’instituteur, on ne lui pas caché que sa conduite était mauvaise, qu’on avait à lui reprocher des absences assez fréquentes, à des jours non fériés, ou de non congé, qu’ainsi sans permission, il se « rendait parfois le samedi au marché de Melun, et que là, malheureusement, on le rencontrait, soit chez le marchand de vins, soit dans les cafés buvant et jouant, ce qui était d’un fort  mauvais exemple, que dans le pays on se plaignait es visites  journalières chez le marchand « de vin, et qu’on assurait de grave inconvénients pour son ménage, des privations pour sa « famille et des querelles entre lui et sa femme, que d’après la gravité de ces reproches, il  avait encore promis de faire amende honorable et que, sous la foi de ses paroles promesses, en suppliant pour la dernière fois l’autorité supérieure, en raison de sa nombreuse famille et de la position affreuse dans laquelle cela la plongerait, de ne point sévir contre lui, le  Comité émettant pourtant l’avis qu’il soit mandé près de cette autorité et averti  sérieusement.

 

Une autre attribution  du Comité local était de donner son avis au Conseil municipal sur le choix et la nomination d’un instituteur .Le Conseil Municipal  présentait le candidat a la nomination du Comité d’Arrondissement.

Souvent dans la pratique, le droit du Comité local se transformait en droit de présentation à l’égard du Conseil Municipal. C’est ce qui résulte de la délibération suivante :

« L’an mil huit cent trente neuf, le 13 mars, à midi, le Comité local de la commune de Nandy s’est assemblé au lieu ordinaire de ses séances en vertu de l’autorisation de M. le Préfet de « Seine-et-Marne, en date du 8 mars présente année.

« Présidence M. Thomas, maire de la dite commune sont présents : M.M. Gallot (curé) et Portier Augustin Le Comité présente au Conseil Municipal de la commune de Nandy le « sieur Pinturier (Pierre, Désiré) en qualité d’instituteur, lequel nous a paru digne de cette « place, d’après les certificats et brevet dont il est porteur, et prie les Conseillers Municipaux « d’en faire la demande au Comité supérieur d’instruction ».

 

L’article 22 de la même loi du 28 juin 1833 faisait entrer dans les attributions du Comité d’Arrondissement, l’installation des instituteurs et la réception de leur serment. Mais, dans la pratique, cette prérogative n’était exercée que par délégation, ainsi qu’il résulte du procès-verbal suivant :

 

« L’an mil hui cent quarante trois, le 24 juin, à 10 heures du matin, nous Louis Joseph « Lefèvre, maire et président du Comité local de la commune de Nandy.

« Vu la délégation à nous faite par le Comité d’instruction supérieure, avons procédé à « l’installation du sieur Joseph, Théodore Delandre, en qualité d’instituteur communal de cette commune après lui avoir fait prêter publiquement le serment prévu par les lois du 31 « août 1830 et 28 juin 1833 ».

 

Ce mode de présentation des candidats pour le poste d’instituteur dura jusqu’n 1850. La loi du 11 janvier 1850 portait en effet comme innovation à la loi du 28 juin 1833 que la nomination d’un instituteur avait lieu, par le Comité d’arrondissement  sur une liste de présentation de candidats dressée par le Conseil Municipal, après que celui-ci  avait opté pour un instituteur laïque ou pour un instituteur congréganiste. Le Comité d’Arrondissement  devait, en ce qui concerne  cette option, se conformer au vœu du Conseil Municipal, mais il pouvait choisir l’instituteur en dehors de la liste de présentation.

Les prescriptions de la loi du 11 janvier 1850 n’ayant eu qu’une durée éphémère, le Conseil municipal de Nandy n’eut qu’une seule fois à s’occuper des prescriptions de l’article 2.

Dans sa séance du 21 juillet 1850, le Conseil Municipal déclare, à l’unanimité, qu’il opte pour un instituteur laïque et présente au Comité supérieur une liste de quatre candidats. Le Comité local, dans sa séance du même jour, se joint au vœu exprimé par le Conseil Municipal. Un des candidats proposés est d’ailleurs nommé par le Comité d’Arrondissement.

 

Cours d’adultes Les cours d’adultes ont été crées dans la commune de Nandy dès 1843, l’indemnité à l’instituteur pour la tenue de ces cours à, depuis 1866, a toujours été payée sur les fonds communaux. Cette indemnité s’élevait au début à 100 frs. Elle n’a jamais été inférieure à ce chiffre, alors même que dans la communes qui recevaient une indemnité de l’Etat, cette indemnité ne s’élevait guère en moyenne qu’à 40 frs pour les instituteurs exerçant dans les mêmes conditions.

Ci-joint la délibération du Comité local qui approuve l’ouverture d’un cours d’adultes et détermine le programme des leçons.

« L’an mil huit cent quarante trois, le quinze décembre, à dix heures du matin, le Comité local « de la commune de Nandy  s’est assemblé sous la présidence de M.Lefèvre, maire, par suite « de la convocation par lui faite le onze présent mois et où étaient présents : M.M. Louis « Auguste Gallot, curé, Gabriel Moreau, Louis-Joseph Danger et François Cornillot, tous « Membres composant ledit Comité. Monsieur le Président a ouvert la séance et a donné « connaissance d’une lettre de l’instituteur de la Commune adressée à M. le Recteur  de « l’Académie et tendant à obtenir de cet officier supérieur d’instruction, l’autorisation pour « établir des classes d’ »adultes dans la commune de Nandy.

« A cet effet, M.M. les membres du Comité reconnaissant combien  de telles classes pourront « être utile dans la commune, où la plupart des jeunes gens  n’ont jamais reçu que des notions « très imparfaites de l’instruction du siècle, sont entièrement d’avis que cet établissement  ait « lieu dans leur commune.

« En conséquence,  M. le Président,  avec les autres membres ont établi le programme des leçons qui devront être données dans les dites classes. Et pour se conformer à la délibération  du Conseil Royal de l’Instruction publique en date du 22 mars 1836, relative à l’établissement des classes d’adultes, Messiers les membres ont établi qu’il y serait donné :

«                1°/- des leçons de lecture et d’écriture

«                2°/- des notions de grammaire et d’arithmétique

«                3°/-Et des leçons sur le développement du système légal  des poids et mesures  métriques.

 

ETABLISSEMENT DE LA GRATUITE ABSOLUE

 

Nous arrivons enfin à un acte qui fait le plus grand honneur à la commune  de Nandy et au Conseil Municipal de l’époque. C’est l’établissement  de la gratuité absolue  dans les écoles, en 1869, c’est-à-dire une douzaine d’années avant que la loi ne la rendit obligatoire pour le reste de la France.